Constant Guei ( journaliste-écrivain, promoteur de la Fête du Livre, les arts vivants au service du livre ):

« Le livre est un facteur à prendre en compte dans le développement d’ une nation  »

Le livre sera célébré à travers poésie,musique, chanson, conte, théâtre, humour etc… à l’occasion de la première édition de la Fête du Livre qui aura lieu du vendredi 02 au samedi 03 décembre  à la place Cp1 de Yopougon. Nous avons rencontré à cet effet Constant Gueï, promoteur de l’ événement pour en savoir davantage. 

Pourquoi l’initiative d’un tel événement ?

Nous avons initié cet événement suite à deux constats. Le premier constat, c’est que les jeunes ne lisent plus du fait de l’essor des nouvelles technologies à savoir internet et son corollaire de réseaux sociaux. Le livre est donc délaissé et cela se ressent au niveau de la jeunesse scolaire et estudiantine dont la faiblesse des résultats scolaires et académiques est plus que jamais inquiétante. Le second constat, c’ est qu’ on utilise le terme Fête du livre parce qu’en tant qu’ africain nous avons une tradition des arts vivants et donc du spectacle. Nous avons voulu utiliser les arts vivants pour sensibiliser la jeunesse et le grand public. En gros, la Fête du Livre est une sensibilisation à la lecture et à l’ amour du livre.

Quelles seront les articulations de cette fête ?

D’abord il faut noter que cette fête va se passer sur deux jours c’est-à-dire du vendredi 02 au samedi 03 décembre à l’ espace CP1 de Yopougon. Il y aura deux grandes articulations. La première va se décliner en prestations artistiques exécutées par des élèves issus des établissements scolaires partenaires à l’ événement. Ces différents élèves feront montre de leurs talents artistiques à travers le conte, le théâtre, l’ humour, la poésie, le sketchs, talk-shows etc… Ensuite, il y aura des artistes connus qui viendront sensibiliser les élèves et le grand public à l’ amour du livre et de la lecture. La deuxième articulation portera sur l’ exposition-vente de livres par les éditeurs, les écrivains et les libraires.

En général, la célébration de  livre se fait dans les librairies ou les espaces dédiés à cela. Pourquoi vous avez choisi une place publique ?

Nous pensons que dans la Fête du Livre il y a un côté populaire qu’ il faille nécessairement faire ressortir. Généralement quand on parle du livre, on pense au salon où à d’ autres espaces qui ont un caractère élitiste. Nous avons voulu sortir le livre de ce milieu et le placer au cœur des populations. Il s’ agit pour nous de le rendre accessible, plus encore de le vulgariser. C’ est justement pour cela que nous avons choisi Yopougon qui a la réputation d’ être une commune populaire encline à la fête. Nous avons espoir qu’ au sortir cette célébration, les populations ne regarderont plus le livre du même œil.

Il est clair qu’ un tel événement ne peut se faire sans les maisons d’ édition. Quel est à ce niveau leur degré d’ implication ?

Nous avons approché des maisons qui ont sont intéressées par cet événement. Je voudrais à ce niveau remercier les Editions Eburnie qui se sont engagées de façon spontanée à nos côtés pour cette édition de démarrage. D’autres maisons sont en train de se préparer pour nous soutenir sur ce projet. Au-delà des maisons d’ édition, nous attendons des mécènes et d’ autres personnes sensibles à la  » chose littéraire « . Nous pensons que toute cette mobilisation va concourir à l’épanouissement de notre jeunesse.

Pensez-vous qu’ une telle initiative suffit pour faire bouger les lignes ?

C’ est ce que nous croyons et c’ est que nous espérons. C’ est un combat à mener par tout le monde. A travers cet événement, nous avons pris nos responsabilités et notre part d’ engagement dans ce combat. La société se porte mieux quand nous savons tous nous abreuver à cette source de connaissance qu’ est le livre. En vérité le livre c’ est le développement. Il n’ y a point de développement en dehors du livre. Cela m’ a désolé de voir que lors de la récente crise que la Côte d’ Ivoire a connue, tout ait été pillé sauf les bibliothèques. Cela montre que nous devrions revoir beaucoup de choses dans notre course au développement.

Un appel à lancer ?

Je voudrais lancer un appel à tous les établissements scolaires de la ville d’ Abidjan et tous ceux qui voudraient associer leur image à cet événement et leur dire que la porte est grandement ouverte pour venir célébrer le livre. Je voudrais remercier le Ministère de la Culture et de la Francophonie, le Ministère de l’ Education nationale, le Député-Maire de Yopougon, M. Gilbert Kafana Koné, le Maire d’ Attécoubé, M. Danho Paulin Claude, M. Alafé Wakili Directeur général de Soref- Editions, parrain de cette manifestation, l’ONG Mesad, les Editions Eburnie, et toutes les bonnes volontés qui travaillent à la réussite de cet événement sans oublier le Président de l’ Association des Ecrivains de Côte d’ Ivoire ( Aeci ). Qu’ elles trouvent à travers ces lignes la force nécessaire pour poursuivre leurs actions.