Exposition d’ art : Tradition et modernité  » Au cœur de la cité  » d’ Aboli Kann.

Les lampions se sont allumés le jeudi 28 octobre dernier sur une trentaine d’ œuvres exposées par l’ artiste-peintre Aboli Kann au cours du vernissage de l’ expo intitulée  » Au cœur de la cité «   à la galerie Houkami Guyzagn. Du beau monde s’ est déplacé. Le jeu en valait sûrement la chandelle vu que la thématique abordée par l’ artiste était au cœur des préoccupations du public.

En effet c’ est autour de la problématique des villes africaines que l’ artiste a axé son travail. La modernité doit-elle nous faire perdre de vue nos valeurs traditionnelles ? Telle semble être la question à laquelle Aboli Kann essaie de répondre à travers ses œuvres dans lesquelles modernité et tradition dialoguent pour une cité plus humaine, voire humanisante.

Pour le peintre, la cité moderne ne peut se développer sans tenir compte de nos valeurs traditionnelles, de notre authenticité. Mieux cette authenticité qui fonde notre culture même ne doit pas se diluer dans le processus d’ urbanisation de la cité. C’ est d’ ailleurs la raison pour laquelle dans la quasi-totalité des tableaux exposées abordant la cité urbaine, habitats précaires et immeubles se côtoient harmonieusement.

Sur un même tableau, on aperçoit des scènes de vie à la fois du milieu rural et du milieu urbain. Ainsi la pièce  » Toclo « , révélant le travail quotidien d’ un couturier ambulant faisant le bonheur des habitants des quartiers huppés souligne l’ importance d’ un tel artisan dans nos cités modernes. En décidant de faire se côtoyer modernité et tradition à travers la recherche constante d’ équilibre qui apparaît en toile de fond dans ses œuvres, l’ artiste reste fidèle à sa philosophie : celle de faire coïncider spontanéité et rationalité.

Du point de vue technique, l’ artiste est resté fidèle à sa démarche qui consiste à théâtraliser ses tableaux. Ainsi sur le même tableau, à côté d’ une scène principale, on aperçoit plusieurs plusieurs scènes qui gravitent autour. Cet ensemble de juxtaposition de scènes au dire du critique Mimi Errol, commissaire de l’ expo, a pour but de suggérer une mosaïque. D’un seul coup d’ œil, on peut prendre la mesure des différentes scènes qui meublent notre vie quotidienne. Quoique cet exercice oculaire soit assez contraignant, il n’ en demeure pas moins exaltant en ce sens qu’ il permet à l’ observateur de s’ attarder sur certains détails qui peuvent lui échapper au premier regard. Avec l’ utilisation d’ une palette assez colorée que viennent atténuer de temps à autre le gris et le noir, l’ artiste nous plonge dans une cité animée où universalité et singularité se donnent la main. Se considérant lui-même comme un ouvrier de la cité, il y travaille quotidiennement. A ce titre il se dit mieux placé pour la peindre fidèlement, a t-il expliqué.

Le travail présenté par l’ artiste pouvait se décliner en trois axes. Le premier met en exergue les tableaux naïfs. Le second met en lumière des portraits d’ hommes de femmes qui sont au cœur de  la cité tandis que le troisième axe est consacré à la mode qui envahit la cité.

Ce vernissage a donné l’ occasion aux esthètes et aux amateurs d’ art d’explorer des pistes en vue d’ appréhender la démarche picturale d’ Aboli Kann, peintre aux multiples facettes qui se considère comme un artiste de l’ équilibre, de la tempérance toujours à la recherche du consensus. Un scientifique  » manqué «  ayant utilisé la peinture comme un exutoire pour se réconcilier avec sa propre âme. La présence permanente de formes géométriques dans ses tableaux en est la parfaite illustration.

Le résultat qu’ il nous a donné de voir au vernissage est assez élaboré et expressif. Un détour à la galerie pour contempler ses œuvres en vaut sûrement le coup ! L’ expo court jusqu’ au 10 novembre.

 

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