L’histoire de la ville de Daloa

Depuis la nuit des temps, en passant par les différentes périodes de sa genèse (Anté-coloniale, actuelle) la ville de Daloa présente une histoire intéressante, palpitante et dramatique à certaines périodes.

L’histoire nous dit q’aux environs de 1873 il n’existait pas à proprement parler de village à l’emplacement actuel de la ville. Mais un tout petit hameau en pleine foret tropicale (aux environs de l’hôtel ambassadeur) habité par des chasseurs, dont le plus célèbre répondait au nom de DALO. Pour la petite histoire le nom de Daloa proviendrait d’un quiproquo qui s’est produit à l’arrivée des Européens. Ceux-ci en quête de savoir et de renseignements, trouvèrent dans un champ ( aux environs de l’actuel centre artisanal ) la femme de DALO qui travaillait et lui demandèrent où se trouvait son mari. Celle-ci n’ayant pas compris, et certainement ayant peur de ces étranges personnes appela son mari qui travaillait non loin de là: « DALO Ah !.. DALO Ah !.. ».Les européens ont alors noté DALOA ; ce qui aurait donnée le nom à la ville actuelle « DALOA ».

Plus proche de nous, la période coloniale a aussi imprimé son histoire à cet espace. C’est par la volonté coloniale d’en faire un poste militaire que la cité des antilopes a été érigée en agglomération urbaine moderne en 1905. Depuis cette date et malgré bien des échauffourées avec les autochtones (déportation et mort de Zoku’o Gbëli à ZUENOULA en 1912), la ville va très vite monter en grade. D’une fonction purement stratégique et militaire au départ, elle est dès 1912, nommée chef-lieu du Haut Sassandra. Aux environs de 1920, après la première guerre mondiale, DALOA présentait déjà l’aspect d’une ville coquette avec son marché, son quartier administratif et commercial, les quartiers Bété et Dioula.

Le 28 mars 1959 à la faveur du décret qui créa les (04) premiers départements, Daloa est nommée chef-lieu du département de l’ouest après l’accession des pays à l’indépendance (07 août 1960), le 07 novembre 1963 à deux nouveaux départements furent crées (l’est et le centre ouest). La ville de Daloa est devint préfecture et chef-lieu du nouveau département du centre ouest du pays.

La loi du 21 janvier 1969, portant division du territoire en vingt quatre (24) départements ne modifia pas le statut de la ville de Daloa. Mais un nouvel éclatement intervint en 1970, avec la création du département d’Issia, et l’érection de Vavoua en chef-lieu de département. Depuis le 16 janvier 1991, la ville obtient une prépondérance politico administrative accrue, en étant désignée chef-lieu de région du centre ouest à la faveur du nouveau découpage administratif du pays en dix entités régionales.

La ville de Daloa est née de la communauté de quatre villages: Loabia, Labia, Gbeuliville et Tazibouo en bordure des pistes Nord-Sud et Est-Ouest. L’urbanisation s’est faite progressivement autour de ces villages. L’arrivée du Gouverneur Peraldi en 1940, donne à la ville un nouveau visage.

Il crée alors une ville avec un centre et cinq quartiers:

– quartier administratif,
– quartier de logements de fonction au sud du précédent,
– quartier commercial de part et d’autre de la voie Nord-Sud,
– zone d’activités industrielles sur la route de man,
– quartier dit « Africain », limité au sud par une zone basse marécageuse.

C’est en 1958 que la ville commence à bouger. Elle couvre à cette époque 242 hectares dont les 3/4 des terrains urbanisables sont prévus par le plan Péraldi. Le quartier dit « Africain » est saturé et la ville passe de l’autre côté de la zone basse marécageuse pour créer le quartier « Marais » en 1959. Mais en 1960, à cause des problèmes fonciers, l’extension de la ville se voit bloquée vers les directions Ouest, Sud et Est. La ville se développe alors vers le Nord par la création des quartiers populaires Belleville, Aviation et Gbobele au Nord-Ouest et le nouveau quartier résidentiel « Piscine » inauguré en 1967 au Nord-Est. En 1970, la ville couvre 645 hectares. A cette époque, l’urbanisation marque une pause: les terrains sont rares pour le plus grand nombre des habitants et il s’agit de « boucher les trous » en densifiant les lotissements déjà appliqués.

Mais en 1974, l’occupation spontanée du flanc de la colline Ouest qui deviendra le quartier Huberson, du nom du préfet de l’époque relance l’urbanisation de Daloa. En 1975, la ville couvre 838 hectares pour atteindre 1 340 hectares en 1980. Les terrains devenant rares, une forte occupation spontanée conduit à la création du quartier Bracodi au Nord-Ouest et Abattoir II au Sud-Est. A la même période, la gendarmerie occupa 45 hectares à l’entrée de la ville sur la route d’Abidjan et 15 hectares à la sortie sur la route d’Issia. Deux quartiers résidentiels sont aussi créés: Orly et Tazibouo II.

Aujourd’hui, Daloa est composé de la seule préfecture qu’elle représente, d’une dense zone rurale environnante composée de 109 villages et de 17 tribus et d’un noyau urbain de 30 quartiers, entourés d’une zone suburbaine, comptant sept  » villages-quartiers  » annexés récemment (1986) pour l’extension de la commune. Capitale de la région du Haut-Sassandra, avec ses 163 575 habitants en 1998, Daloa est classée troisième ville de Côte d’Ivoire. Située au carrefour des routes nationales Man -Abidjan et Odienné-San-Pedro, Daloa connaît un trafic routier conséquent.

Pendant la colonisation, l’histoire de la ville de Daloa a été présentée comme la manifestation hostile et intransigeante des populations face à l’invasion plus marquée du colonisateur. Cette vue est corroborée par la présence d’un homme en ces temps là: »ZOKU’O GBËLI » qui se confond avec l’histoire de la ville et dont un des quartiers porte le nom GBEULIVILLE.

En effet ZOKU’O GBËLI petit fils de DALO LOBE (de qui proviendrait le nom Daloa) habitait aux environs de 1900, le village de LOBIA dont il est originaire. L’histoire dit que c’était un vaillant homme, courageux et téméraire. Pendant la colonisation des prises de position contre le « blanc » lui coûteront la vie en 1912. Ce genre d’homme (avec son caractère fougueux !) Incarnait pour le Bété l’homme « responsable » avec tout le sens que ce mot signifie pour ce peuple c’était un leader. Après la mort de son frère dont il accusa certains villageois de LOBIA de l’avoir tué, Zoku’o Gbëli quitta ce village et partit s’installer aux environ de l’actuel résidence du Préfet. laissant ainsi les villageois sans protection contre les colons,… le village désormais privé de son vaillant guerrier et s’appela à partir de ce jour « GBOSSOKO » ; c’est-à-dire le village sans homme valable.

C’est dire à quel point ZOKU’O GBËLI en son temps était considéré, respecté et craint de ses compairs. Il rejoint en compagnie de ses fidèles compagnons le nouvel espace qu’il avait choisi. Cet endroit (aux environs de l’actuelle résidence du Préfet) regorgeait d’arbres à larges feuilles qu’en langage local, on nomme « GNIZAZOU ». Ce qui a donné le nom GNIZAZOU- GBEU au nouveau village de GBEULI.

Ce village étaient situé non loin des Européens qui s’étaient installés non loin de l’actuelle Sous – Préfecture actuelle. Des tracasseries firent jour, ZOKU’O GBËLI et son village furent obligés de s’en aller un peu plus loin. Ils s’installèrent en 1900 au site actuel qu’occupe la brigade ville. Accusant ZOKU’O GBËLI d’être responsable des différentes tracasseries qui leur arrivaient (révoltes, meurtres des administrateurs coloniaux tels EMILE LECOEUR, HUTIN), l’administration coloniale l’arrêta en 1911 et le transféra à ZUENOULA où il mourut en 1912. En signe de protestation de ces deux actes posés par les « blancs », le reste des compagnons de GBEULI quittèrent ce lieu pour aller s’installer à l’actuel emplacement du quartier Gbeuliville, qu’il nommèrent bien avant GBËLI – GBEU (village de GBËLI) en mémoire à leur vaillant guerrier et frère ZOKU’O GBËLI qui devint par la suite GBEULIVILLE.