A la découverte de Sinematiali

Elle a tiré parti des projets de développement exécutés dans les années 1970: implantation d’une SODE exploitant les ressources fruitières et maraîchères, unités de transformation, perspectives d’intensification des synergies économiques avec les deux villes voisines. Elle s’adosse enfin, à la population souspréfectorale la plus élevée du département, soit à ce jour près de 40 000 habitants tous situés à proximité du chef-lieu. La superficie de la sous-préfecture atteindrait 55 hab/km2. L’une des caractéristiques des résidents Nafara de la zone – l’un des sous-groupes Sénoufo – réside dans l’extrême dispersion de l’habitat; on ne dénombre pas moins de 220 villages dans cette partie de la « zone dense » du département, dont 85 dans le secteur communal et 136 dans le reste de la sous-préfecture.

L’ancienneté du projet urbain se lit encore dans le niveau d’infrastructures dont jouit la commune, au plan éducatif d’abord puisqu’elle dispose de 21 écoles primaires publiques et une école gérée par la Mission catholique, la plus ancienne de la région, érigée en 1927; le primaire accueille 4 400 élèves, dont moins de 25 % sont des filles. Le collège municipal, devenu lycée courant 1997, rassemble 730 jeunes. On notera que Sinematiali s’est dotée de deux classes préscolaires, et que la commune fait preuve d’un réel dynamisme dans le domaine éducatif et culturel, via son Comité pour la promotion de l’éducation de base créé courant 1997, et un Centre d’animation culturelle actif, environ 700 abonnés soit presque autant que le centre culturel franco-ivoirien de Korhogo. En matière d’équipements sanitaires, la commune dispose d’un centre de santé urbaine où sont affectés un médecin, quatre infirmières et trois sagesfemmes. L’électrification est plus dense que dans les autres sous-préfectures du département: outre Sinematiali, bien desservi, les bourgs de Wollo, Peguekaha et Bahouakaha sont actuellement reliés au réseau, des travaux étant en cours dans deux autres villages de la zone. La commune dispose de 55 lignes téléphoniques.

Le lotissement de la ville, la présence de pôles structurants privés et publics a donné naissance à un réel tracé urbain, notamment autour du marché de la Mairie et de la sous-préfecture actuelle, soit dans quatre des huit quartiers: Kafongo, Sogefiha, Sodefel, Château d’eau, peuplés par une centaine de ménages travaillant dans le secteur public et para-public. Un atout considérable pour le dynamisme local tient à l’extrême vigueur des liens sociaux et culturels des résidents, véritable vecteur d’information et de mobilisation, ainsi qu’à la force du mouvement associatif: amicale Woplin rassemblant les cadres de Sinematiali, Union des jeunes, clubs Wo-Bin, groupements villageois, association des élèves, etc.

L’avenir urbain de Sinematiali peut aisément s’appuyer sur les avantages engrangés dans le passé, et, faut-il ajouter, sur le soutien de nombreux hauts fonctionnaires originaires de la ville. Mais il doit prendre en compte les effets géo-économiques de la nouvelle route Kanawolo-Korhogo, qui induira sans doute un regain d’activités dans la zone Napieoledougou et pondérera en conséquence l’importance de l’axe Korhogo-Ferkessedougou. Plus sûrement, Sinematiali doit mobiliser au mieux un potentiel agricole considérable sur des productions d’avenir et à forte productivité: le maraîchage, la riziculture inondée, la production fruitière en particulier, et favoriser la transformation et la commercialisation locale de ces produits.

La nature et le montant des investissements locaux au cours de l’exercice 1997, soit 62 millions financés sur FIAU et fonds municipaux, suggèrent que la commune a conscience des enjeux à venir: l’extension du lotissement de Tepogokaha, la construction de trois classes EPP dans le quartier Sogefiha, l’ouverture de pistes dans divers quartiers attestent d’un souci d’aménagement urbain rendant le site attractif pour les résidents.

Source: L’économie locale de Korhogo et de sa zone d’influence (OCDE)