Le Boloye

Le Boloye ou la danse de la panthère est une danse traditionnelle de l'ethnie sénoufo, une ethnie du Nord de la Côte d'Ivoire. Autrefois exécuté dans les funérailles, le Boloye est aujourd'hui devenu une danse de réjouissance. Cependant, elle garde son caractère sacré.

Origine
Des sages du village de Lataha, localité située à sept kilomètres de Korhogo, rapportent que le Boloye était à l’origine une danse des enfants. Et que c’est plus tard que les adultes vont l’améliorer, perfectionner ses instruments, lui donner une importance et un caractère sacré. « Ne joue pas aux instruments du Boloye qui veut. Seuls, les initiés en ont le droit. Egalement, il faut faire l’initiation pour pouvoir porter la tenue de danse, au pelage de la panthère. D’où le nom de la danse de la panthère « , affirme Navigué Sékongo, le chef du groupe des danseurs de Boloye de Lataha. Et de préciser que c’est à parti du village de Lataha que le Boloye à été exporté dans les autres localités du grand Nord de la Côte d’Ivoire.

Une danse qui fait « tomber la pluie »
« Le Boloye, danse de réjouissance possède d’autres pouvoirs mystiques. Celui de faire tomber la pluie », confie un initié. « Le peuple Sénoufo est agriculteur. Il a comme cultures vivrières : les arachides, l’igname, le mil, le maïs, le riz, le sorgho, etc. Quand les pluies tardent à tomber, lesdites cultures ne résistent pas à la sécheresse. Une telle situation peut provoquer la famine. Pour faire venir la pluie en vue d’arroser les cultures les cultivateurs ont souvent recours à la danse Boloye. Qui est exécutée de façon exceptionnelle. A sa naissance, le Boloye se dansait uniquement nuitamment et au cours des funérailles », précise Lassina Siélé, ancien danseur de Boloye, par ailleurs Président de l’Action pour la Défense des Droits des Eleveurs et Cultivateurs (A.D.D.E.C). Au dire de notre interlocuteur, le Boloye fait partie des meilleures et anciennes danses traditionnelles de la région du PORO (région des savanes). D’où la nécessité de le pérenniser pour la génération future. Des calebasses ou « bolons » en langue sénoufo, sur lesquelles sont fixées des cordes en peau et des hochets forment l’orchestre du Boloye. L’âge des danseurs varie entre huit et quinze ans. Et leur nombre oscille entre deux et cinq danseurs. La danse de la panthère ou Boloye est faite d’acrobaties. Les danseurs sautent tantôt sur les deux pieds, tantôt sur un seul pied levé très haut.

Ouattara Ahmed, lamediane.com