Le masque « goli » – Du sacré à la réjouissance

Patrimoine culturel ivoirien, le "goli" est un masque danseur sacré, dansé au centre chez les baoulés et au centre -ouest chez les Wan/Gouro de Kounanhiri, ceux là même qui en sont les précurseurs.

Origine du masque « goli »
Les Wan, qui font partie du grand groupe ethnique Gouro, étaient les premiers habitants de Bouaké, ce sont eux qui ont crée le « goli », qui est l’une de leurs plus anciennes danses. Le « goli » qui imite le dragon lorsqu’il danse, selon les Wan, montre la manifestation d’un esprit qui l’habite provisoirement; de sorte que la personne qui le porte subit inconsciemment ses gestes brusque et répétés. Le nom du masque est donné à certaines personnes soit pour les protéger, soit pour en pérenniser le nom aux fins d’une succession familiale. Pour un homme, il s’appellera Goli Bi qui veut dire le fils de Goli et une femme Goli Nan, la fille de Goli. Si le porteur du nom venait à tomber malade, l’on doit sacrifier un poulet, soit un mouton au masque « goli » afin que la personne recouvre la santé. C’est vers 1900 que les Baoulés arrivés à Bouaké, vont emprunter le masque « goli » aux Wan; ce qui explique aujourd’hui sa popularité et sa complexité.

Présentation physique du masque riche en symboles
Taillé dans du bois mi-dur, le masque présente des cornes d’antilope, un visage de crocodile sur lequel figure un éléphant, symbole de force et de sagesse. Sur les côtés, deux disques rouges symbolisent le soleil. Le masque porte un costume composé d’une cape en peau d’antilope sur un amas de fibres de feuilles de palmier fraîches. Lui, c’est le « goli gloin », masque homme qui ne sort qu’à des occasions exceptionnelles. Le « goli », masque d’origine Gouro, est un masque-heaume en forme de tête de buffle qui ne sort que pour les grandes occasions. Dans la tradition Baoulé, Goli est le fils de Nyamien, le dieu du ciel. Il est aussi le père de Kplé-Kplé. Goli est une divinité protectrice. Il fait partie des Amouins (NDRL : fétiche en baoulé), les grands masques Baoulé. Le Goli et le Kplé-Kplé sont Akan. Le porteur du masque « goli » est un initié plongé dans un sommeil hypnotique. Son costume se compose d’une grande cape, d’une jupe en fibres de raphia, de grelots aux pieds et d’une peau de panthère qu’il porte sur le dos. Lui, c’est le « goli » qu’on peut trouver à toutes les cérémonies de réjouissances baoulé.

Les occasions de sortie du masque
Autrefois très sacré, le « goli » ne faisait son apparition que pour des cérémonies spéciales: funérailles de chefs, des initiés et des dépositaires du masque au cours desquels des sacrifices sont faits pour conjurer le mauvais sort qui pourraient atteindre le village. Après quoi, le corps est accompagné par le masque jusqu’à la tombe. Pour la naissance d’un bébé « goli », afin que celui-ci reçoive une bénédiction, le masque est dansé. Aujourd’hui, le « goli » est devenu un spectacle d’une journée qui implique tout le village, pouvant se danser lors de divertissements de tout genres; toutefois, la sacralisation du masque a été conservée car avant la prestation du masque, il lui est offert un poulet et une bouteille de liqueur.

La prestation du « goli »
L’annonce de la danse se fait par un cor dans lequel souffle une personne choisie qui est le soliste et qui communique avec le masque. Les autres membres de l’orchestre accompagnent le cor avec de grosses calebasses appelées « toha » habillés de files ornés de petites paillettes de grains qu’ils tiennent en mains pour rythmer la danse. Les paroles des chants accompagnant l’orchestre, sont en ethnie Wan. Le décor planté, les masques sortent par pairs, c’est d’abord les petits masques masculins « kplé-kplé » présentant des faces rondes qui font leur apparition. Après leur prestation, viennent les « goli gloin » et pour boucler la fin des prestations, les masques féminins à tête d’homme aux coiffures tressées en forme de crête les « kpan » ou « allièkora ». Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, le « goli » est dansé dans presque tous les villages des régions des Lacs et de la Marahoué.

Bouaffou Kouamé
Source : le mandat