Origine des Baoulé-Agba

La séance de l'orchestration tambourinaire du Klin-kpli le (grand tambour parleur) d'Akawa, composés de 6 éléments. Au cours des séances de l'orchestration du Klin-Kpli (le grand tambour parleur d'Akawa), dans les grandes assemblées, le message délivré est la façon suivante:

N’Drannouan « Assa Fama Kéklé » !
Bé Klô sran tra sika !
Sika kidè sran !
Sran yè kidè sika !
Béklè bou, bé klè bètè !
Oh ! ti anangaman titi-titi.

Traduction :

N’Drannouan le clan royal Assabou Kôtoko, sur lequel repose la royauté et la souveraineté !
N’Drannouan le clan royal qui préfère l’homme par rapport à l’argent !
C’est l’homme qui apporte de l’argent et non l’argent qui apporte l’homme !
Cela depuis la nuit des temps !

L’Attounglan, dira pour conclure, N’Drannouan propriétaire du territoire baoulè qui la conquit, il n’a pas d’ennemis, et n’a pas de préférés.

On ne tue pas un prince étranger, puis aussi on ne vend pas un prince étranger. Mais quant aux esclaves tout simplement ont les tranches la tête.

L’imposteur qui ose se comparer aux souverains, est piétiné par le souverain, quel que soit son statut social, la royauté vient du ciel aussi vieux que le monde.

Le « Klin-Kpli », le grand tambour parleur d’Akawa est un tambour comme tous les autres. Sa particularité et sa spéciosité est spéciale. Il est appelé affectueusement « Didi Agammou», est l’élément principal de l’orchestration tambourinaire d’Akawa jusqu’à présent.

C’est une institution traditionnelle des Assabou, qui régit les souverains fondateurs du royaume N’Drannouan.

Sa devise : « Anangaman Boli-Alliè », » Dieu le créateur de l’univers ». Cette devise tire son fondement dans la réponse de la question suivante : « Qui de Dieu le créateur et de l’univers est antérieur à l’autre » ?

On dit aussi kli kli ny là là bé gnon béni yè ôti Kpin ? (Dieu le créateur et l’univers qui des deux est antérieur à l’autre) ?

Bien entendu, Dieu à crée le ciel, la terre, le jour, la nuit, et même le roi dans les cieux. Dieu est à l’aube du temps comme la souveraineté, ainsi que le sentier et la rivière.

Jadis, le Klin-kpli de la reine Ablah Pokou à Akawa, est celui qui résonnait à l’occasion des sacrifices de quelques importances étouffait les cris de ses victimes. Mais encore pour l’intronisation d’un souverain ou le chef de province du royaume, sur le siège de commandement et à l’occasion de la cérémonie de la fête des ignames.

La fête d’igname en pays baoulè à son origine à Akawa, tous les chantiers et les routes sont fermées à cette occasion, les entrées et sorties sont contrôlés et filtrés. Akawa, un village chargé d’histoire.

C’est à partir d’Akawa, que l’autorité d’Ablah Pokou, s’établira sur l’ensemble des groupes baoulè pendant plus d’une trentaine (30) d’années, dans le N’Drannouan Akawa.

Le Klin-Kpli « Didi-Agammou », est le tambour de guerre, attribut du pouvoir, souverain Assabou ramené de la nécropole du Ghana par le chef suprême des baoulè, la reine Ablah Pokou, lors de son exode du Ghana à Akawa.

Jalousement conservé encore aujourd’hui dans les armoiries à Akawa. De forme allongée assez, à sa partie supérieure, sculpté dans un tronc d’arbre. Il ne résonne que pour les cérémonies royales de la coutume et des funérailles royaux, et pour la danse de réjouissance que le roi peut exécuter quelques pas, ainsi que les initiés.

Le nom proverbial du Klin-kpli « Didi Agammou » signifie  » celui qui s’arroge le pouvoir de manger pour autrui, mais qui interdit autrui d’en faire autant et personne ne peut lui en demander d’en rendre compte  ».

Telles sont la devise du Klin-kpli (Didi Angamou) d’Akawa.

LA FORMATION DES TRIBUS AGBA ET N’GBAN

Les Agba sont des groupes guerriers de la reine Ablah Pokou pendant l’exode baoulè. Trois tribus principales sont issues d’une même origine telles que : Agba, Agni, Ouellé et deux tribus secondaires : N’gban, et Anoh ou Mango, habitent la région du N’zi-Comoé, autrefois appelé cercle de Dimbokro.

1-Agba – Voici comment les Agba raconte leur origine, il y a environ deux cent cinquante (250) ans, une reine du pays Ashanti du Ghana, Ablah Pokou, vaincu dans une guerre contre la peuplade, émigra vers le centre du pays, avec tous ceux de race, et marcha jusqu’au territoire qu’occupent aujourd’hui les N’Drannouan, elle s’arrêta dans l’actuelle région de Bouaké.

Parmi les chefs de guerres qui l’accompagnaient et qu’elle avait amené se trouvait un nommé « Agba Aléko ». Pokou, s’établit à Gnamônou dans le N’Drannouan, dans la région actuelle de la sous-préfecture de Bouaké, pays qu’occupent actuellement les populations de N’Drannouan de Bouaké.

AGBA Aléko, descendit après une hâte du cortège dans les régions de N’Drannouan, vers la rive droite du Bandaman et ayant trouvé un lieu favorable, il y créa un gros village qu’il nomma « AGBA-BOBLENOU », où il se fixa avec les familles placées sous sa dépendance.

Mais comme il était difficile de nourrir cette nombreuse population que les émigrants qui avaient contracté des habitudes d’oisiveté passaient leur temps en réjouissance, au tant de l’employer aux travaux des champs, il leur enjoignit de se disperser d’un temps favorable ou elle put s’établir.

Le premier échelon souche des N’GBAN, alla vers le Sud et s’établit sur leur site actuelle dans la région actuellement de la sous-préfecture de Tiékiékro.

Cette tribu le deuxième se dirigea vers l’Est trouva un territoire désert appartenant au chef Agni ABOUA Badjôh, s’empara et s’y établit, il donna naissance aux sous-tribus qui forment la tribu actuelle des AGBA. Ces sous-tribus sont :

Les Alandjra Sakiaré Didaffouè Ahali Diapofouè Assabou Assikafouè N’gban de (Tihanikro) Pondafouè Kongrafouè Abbè Kouamassifouè Abbè Dolofouè Mongafouè N’Djé fouè Akroufouè Sahé N’zôh Guina Guimbo

Les Agba de même race que les N’gban, restèrent longtemps soumis à l’autorité d’Agba Aléko, qui avait continué à résider à Agba-Boblénou et de ses deux successeurs, BROU Kouadio et Kouakou Nango, à la mort de ce dernier, ils se désagrègent et chaque tribu de rendit indépendante. Il existe encore un petit noyau de l’arrière-petit-fils de Kouakou Nango, nommé NANGO Yanga, qui habita le village de BEBOUSSOU, (Ahali Banafouè), il paraît qu’il a encore en sa possession la  » CHAISE  » d’Agba Aléko.

LE RÔLE ET INSTALLATION DES AGBA

Les Agba sont une branche armée de la reine Ablah Pokou, le mouvement migratoire Agba, vue par nanan Akpindrin III, roi des Agba « N’gahï ».

Selon lui l’histoire des Agba se confonde avec celle des Assabou conduits par la reine Ablah Pokou jusqu’à N’Drannouan dans la sous-préfecture actuelle de Bouaké.

La tribu Agba qui n’était pas connue sur cette appellation. Ces populations faisaient partie des fugitifs Ashanti conduits par la reine du Ghana en Côte d’Ivoire.

En effet, une colonne forte de quatre (4) groupes en compagnie de la reine, jusqu’à la traversée de la Comoé, font un rassemblement après Tiassalé, puis Dimbokro. Un peu plus au-dessus de ce camp, la reine Pokou installa une colonne de population Agba et N’gban pour garder le confluent du N’zi.

Ce rassemblement d’une longue durée, en pleine savane, précisément dans la zone N’gban, qui connue une grande transformation ou ce groupe s’éclata en plusieurs tribus issus des Agba et N’gban.

Ce site est aujourd’hui désigné sous l’appellation « AGBAKPLI-KLOFFOIN », dans la sous-préfecture actuelle de Tiékiékro, qui servait anciennement de site des populations Agba ou « AGBAKPLINOU ».

Cet arrêt qui occasionnait ennuis et famine, a incité ces groupes à s’adonner à la création de vastes champs de manioc pour se nourrir. Dès lors les peuples voisins qui étaient dans le besoin de nourriture, s’y rendaient pour se ravitailler.

Ainsi ils ont identifié ce peuple laborieux et généreux à la culture du manioc. C’est à lors qu’avec les alliances à plaisanteries avec les peuples voisins donnant le sobriquet « AGBA ».

Agba qui devient le nom de ces groupes baoulè et leurs chefs, soldats de l’armée de la reine Pokou. Autrement le nom Agba n’était pas un patronyme, mais d’un surnom.

Ces groupes lassés d’attendre la progression de la reine, ne recevront plus d’ordre de la part des devanciers. La reine Ablah Pokou et sa cour se sont installées définitivement à Gnamônou pour y fonder le royaume baoulè Akawa, dans la région, actuelle de Bouaké.

1-Les Sakiaré, cette sous-tribu comprend deux (2) groupes, ayant pour chef N’da Kouassi (chef de la tribu) et Boni Kouassi.
4- Alandjra, le chef Akaza N’guessan qui a pour conseiller influent Koffi chef de Koffikro.

Assabou, cette sous-tribu établie sur les deux rives du N’zi à pour chef Ahossou Yébouet se montrait très dévoué à l’égard des colons blancs.

Il nous paraît intéressant d’indiquer qu’avant le discours de la reine après le grand sacrifice, on dénombrait, 1 les Ahïtou, des artisans et les plumeurs de volailles.

Agba catégories suivantes au niveau des tribus.

On distingue les quatre (4) tribus nobles et les 4 tribus vassales :

▪ Les quatre tribus nobles à savoir :

1-Le groupe dirigeant (Assabou-Agoua) de N’Drannouan «Assa Fama Kéklé »,
2-Le groupe militaire, Sah ou Sahafouè, Kôh’ndè, Walèbo, N’zikpli, N’gban et Agba,

3-Le groupe des producteurs d’artistes et d’artisans, Atoutou ou Ahïtou, Nanafouè, Souamlin etc.

Commandement, ils vont organiser des conquêtes au cours desquelles ils affronteront les Agni leur voisin immédiat, qu’ils vont contraindre à traverser le confluent du N’zi, pour s’installer désormais sur la rive Est.

Victorieux des batailles, ils forment le pont pour la défense contre toute autre pénétration dans leur zone située entre, le Sondo au nord, N’gban, N’zikpli et les N’Drannouan à sud-ouest, et Ahali à l’Est.

L’espace conquis a été réparti entre les quatre groupes, et ils en ont fait des terres d’occupation et d’installation définitive après pacification.

Pour marquer l’autorité et la particularité de chacun de ces groupes Agba, ils installèrent leur différent symbole qui fait de chaque tribu.

Ainsi la tribu Monga de nanan Agba Yassiélou et ses trois (3) tribus sont logées entre, le Sondo, le N’zi, Assabou et le N’gahï (Sakiaré) s’étendent jusqu’à Dimbokro.

La tribu Assabou de nanan Agba Kolia fort de deux (2) sous-tribus sont situées entre les N’gban, le N’zikpli, le N’gahï et le Monga.

La tribu de nanan Agba N’gahï composées de cinq (5) sous-tribus est entre le Monga, le N’zikpli, Assabou, le confluent du N’zi et l’Alandjra. Quant à la tribu Alanguira de nanan Agba Saha fort de trois (3) tribus est situées entre le Sakiaré, les N’zikpli, les Atoutou et le N’zi.

Dès lors l’autonomie de chacun était établie. Ils sont chacun à son niveau propriétaire terrien de l’étendue qui couvre sa tribu, d’où il dirige, règne et gouverne, en s’appuyant sur des structures et des règles coutumières tant bien générales à tous les baoulè, que des règles particulières au royaume considéré.

La reine y laissa : Agba Yassiélou, Agba Kolia, Agba N’gahï et nanan Houssou pour les Agba et N’gban avec les consignes d’attendre ses instructions.

Elle se dirigea ensuite sur l’actuel site actuel d’Akawa dans le N’Drannouan (Gnamônou), avec Nanan Akpindrin Mlan le chef d’État-major de l’armée Assabou pour y fonder un royaume souverain baoulè à Akawa à quelques kilomètres de la ville actuelle de Bouaké.

La tribu Agba comporte cinq (5) sous-tribus principales et outre un certain nombre de groupements isolés enclavées un peu hasard. Qui sont :

1- Dida fouè
2- Ahali de l’Est et l’Ouest
3- Sakiaré
4- Alandjra
5- Assabou ou Guina ou N’Djé.

Ces groupements sont : les Monga d’Aguimanikro, les Ahïtou, Bouafouè de Toungbokro et Kouadiokro – Attienkro.
1- Les Agba N’Djé de Klaglassou sont rattaché aujourd’hui aux Alanguira ; Les N’gain de Taniakro ; les Monga de Golikro (rive droite du N’zi et de Kokokro rive gauche du N’zi) ; quant aux Ahali de Andyannou ; les Ahali de N’zikro (rive gauche du N’zi) ; les Ahali et les N’Drannouanfouè.

2- Didaffouè, cette sous-tribu occupe une zone détendue assez restreinte le long du N’zi en amont de Béganssou. Mais elle est peuplée et possède de gros villages.

Le chef Assui N’Dri a été tué au cours des opérations françaises. Son successeur était Aboh Kouamé, chef d’Aboh Kouassikro.

3- Les Ahali depuis la mort de Kouadio Yao l’influence est partagé par les cinq enfants Ya Kouakou, Kra, N’guessan, Adjoua et Toto. Le chef des Ahali est Kouakou Yah neveu de Kouadio Yao.

C’est la tribu souveraine sur tout le pays Agba ; mais cette souveraineté, quoique reconnue, est purement nominale depuis la mort de Kouadio Yao.

Les Ahali de l’est pourraient obéir plus particulièrement à Pra et à son conseiller Yah Kouamé, ceux de l’ouest à Kouakou Yah et Amangoua.

LA TRIBU AGBA SALEFFOUE

Les Agba Salèfouè sont d’origine « Agba Aléko ». Ainsi la tribu des Agba Salèfouè de Bocada composée de deux (2) petits villages avec une population totale de moins de 350 habitants anciennement et qui est elle-même un rameau de la grande tribu des Salèfouè.

Le gros village de Daoukro, (DAGOUKRO) a été créé, il y a moins 350 ans, par le grand-père du chef de tribu « Kongo Lagou ».

Ce n’était à l’origine qu’un petit campement aurifère des Salèfouè de Bocada. Mais peu à peu la fertilité des terres, le goût du déplacement on a attiré la plus grande partie des gens de groupe et la colonie, devenue plus importante que métropole, soit séparée tout en y conservant des relations de familles avec leur tribu d’origine.

LA TRIBU DES OUELLE

Quant aux Ouellé ils sont des colons des baoulè, la majorité sont originaire Faafouè-Gossan, N’Drannouan et Sah, ils n’ont conquis le territoire, qu’ils occupent aujourd’hui, et y ont pénétré progressivement à la recherche de l’or, il y a environ 350 ans. Et y demeurent encore dans ces régions avec leurs populations où de nombreux villages ont vu le jour.

LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE DES AGBA

Extrait du rapport de l’administration coloniale du 1er Avril au 31 mai 1905 du Lieutenant-Colonel, Commandant sur la conduite des opérations au point de vue Militaire dans les régions Agba.

La tribu Agba comprend cinq (5) sous-tribus principales et outre un certain nombre de groupements isolés enclavée un peu hasard se sont :

1 – Les Didaffouè
2 – Les Ahali de l’Est et l’Ouest
3 – Les Sakiaré
4 – Les Alandjra
5 – Les Assabou ou Guina ou N’Djé.
Ces groupements se conduire sont : les Monga d’Aguimanikro, les Atoutou, Bouafouè de Tougbokro et Kouadiokro – Attienkro.

Les Agba N’Djé de Klaglassou sont rattaché aujourd’hui au (Alanguira) ; Les N’gains de Taniakro ; les Monga de Golikro (rive droite et de Kokokro rive gauche) ; les Ahali de Andyannou ; les Ahali de N’zikro (rive gauche) ; les Faafouè-Ahali de Kouassiblékro de Toungbokro.

Didafouè cette sous-tribu occupe une zone détendue assez restreinte le long du N’zi en amont de Béganssou. Mais elle est peuplé et possède de gros villages.

Le chef Assui N’Dri a été tué au cours des opérations, françaises son successeur est Aboh Kouamé, chef d’Aboh Kouassikro.

2- Ahali depuis la mort de Kouadio Yao l’influence est partagé pour des cinq enfants Ya Kouakou, Pra N’guessan Adjoua et Toto. Le chef des Ahali était Kouakou Yah neveu de Kouadio Yao.

C’est la tribu souveraine surtout les pays Agba, mais cette souveraineté, quoique reconnue, est purement nominale depuis la mort de Kouadio Yao est passé sur la tête de Pra.

Les Ahali de l’Est pourraient obéir plus particulièrement à Pra et à son conseiller Yah Kouamé, ceux de l’ouest à Kouakou Yah et Amangoua.

2-Les Sakiaré sous-tribu comprend deux groupes ayant pour chef N’Da Kouassi (chef de la tribu) et Boni Kouassi.
3-Alandjra: Le chef Akaza N’guessan qui a pour conseiller influent Koffi chef de Koffikro.

Assabou sous-tribu établit sur les deux rives du N’zi a pour chef Ahossou Yébouet, qui se montra très dévoué à l’égard des blancs.

LES RÉGIONS DU N’ZI- COMOÉ DE DIMBOKRO

A perçu Géographique et politique Plan général d’opération

Les opérations militaires de 1903 avaient eu pour conséquence, par la suite des effets combinés de la politique et de la force, d’assurer la pacification du baoulè et d’y faire naître et grandir, peu à peu, le mouvement économique.

Pour asseoir solidement l’administration coloniale, pour n’avoir plus à redoute ferment de révolte, pour assurer à protégé la sécurité qui leur était due. Il convenait de généraliser la zone d’influence, de façon à éviter de laisser subsister, au cœur même du pays.

Une zone de transition qui, inévitablement, devait retarder, sinon empêcher, tout parachèvement de l’œuvre pacificatrice entreprise par les colons.

En moins de deux années la ligne de conduite politique adoptée avait permis au chef de Bataillon commandant le baoulè d’amener, sans tirer un coup de fusil, toute la région comprise entre le cercle de Kong, le parallèle de Gblou-Gblou, de Bandaman et le N’zi.

Les groupes hostiles les plus considérables, se départissent de leur méfiance instinctive, c’étaient peu à peu habitués à l’autorité coloniale, et, au début de l’année 1905, le gouverneur de la colonie pouvait constater les résultats de la ligne politique adoptée.

Selon l’Administration de cette époque. « Seul les Agba s’étaient montrés irréductibles. Aucune tentative pour les amener à la composition pour la voie pacifique n’avait pu réussir.

L’échec de la colonne Privey en 1902, les avait remplis d’orgueil. Leur insolence n’avait plus de bornes. Se croyant invincibles ils criaient bien haut leur haine du «blanc» et grâce à leur réel prestige, s’en faisaient partout les apôtres.

Une action militaire s’imposait. Son succès devait nous conduire à la conquête et à l’occupation militaire du pays, en vue de sa mise en valeur. Ce sont ces différentes phases qui vont être exposées plus loin ».

SITUATION ÉTENDUE GÉOGRAPHIQUE ET POLITIQUE

Situation, étendue :

Le pays Agba comprend, sur la rive droite du confluent N’zi, le triangle limité par le N’zi, son affluent l’Orombo et au nord la ligne Kotiakoffikro- Assèkro.

Il s’étend aussi, mais assez irrégulièrement sur la rive gauche du N’zi. Au sud, la tribu Alandjra englobe toute la région en face des confluents du kan et de l’Orombo, jusqu’à vers Tomidanou village Agni.

Au nord celle des Assabou N’Djé pénètre entre les Abbey et les Agni du centre. Les populations de races baoulè sur la rive gauche, serraient limitées approximativement par une ligne tangente au coude du N’zi vers Béganssou.

Physionomie générale du pays –

1.Rive droite. La physionomie du pays se modifie d’une façon très nette à mesure que l’on se rapproche du N’zi. A l’Ouest les corps sont démodés ou peu boisées, les thalwegs marqués par une ligne de végétation intense, simple rideau d’arbres le long de certains ruisseaux, bois épais dans d’autres cas.

A l’est, au contraire, toutes les hauteurs croupes étalées et généralement de peu de relief, sont entièrement boisées.

Les gallons sont en forme de cuvette dont le fond est occupé par des savanes nues et marécageuses. Les rivières de quelque importance sont seules marquées d’une ligne de végétation.

Enfin la rive droite du N’zi, dans les parties basses est bordée d’immenses savanes isolées les unes des autres par les larges contres boisées, orientées généralement du Nord-Ouest au Sud-est qui séparent les vallées affluentes et dont la haute végétation vient alors plonger jusqu’à la rivière.

En résume le pays est un plateau peu accident descendant en pentes douces vers le N’zi. Il n’offre aucune hauteur de quelque importance si ce n’est, au bord de L’oroungou, à hauteur D’Angouakoukro, un mamelon rocheux isolé, d’un commandement de 35 à mètres et qui constituerait un point géodésique de très grande importance, possédant des vers sur toutes les collines du baoulè et de la rive gauche du N’zi.
On trouve une seule rivière de quelque importance.

L’oroungou, non guéable à la saison des pluies. Les rivières secondaire sont L’Ouangia, naissant vers Golubra et le Dienzon passant au nord et non loin de M’Dakouassikro. Le pays est de plus en plus boisé à mesure que l’on se rapproche du N’zi.

RIVE GAUCHE.

1-Dans la partie occupée par les Assabou N’Djé, le terrain paraît médiocrement accidenté, mais la forêt commence dense et continue, à deux (2) ou trois kilomètre du N’zi pour se prolonger d’après les renseignements recueillis, jusqu’à deux jours à l’est de Kôkokro. Au-delà les savanes reparaîtraient

II. COURS DU N’ZI.

Le N’zi a un lit généralement encaissé de 5 à 6 mètres à berges escarpées d’un rideau d’épaisse végétation. La largeur du lit paraît varier de 60 mètres, il est parfois coupé de seuils rocheux.

Mais, aux très hautes eaux, l’inondation s’étend jusqu’à 15 à 180 mètres sur la savane basse qui le borde en beaucoup d’endroits. Ainsi ne voit-on nulle part de villages dans le voisinage immédiat de la rivière.

Le pays Agba est assez pauvre en eau à la saison sèche, les points d’eau permanents étant rares. Beaucoup de villages, à certains moments de l’année, font 5 à 10 kilomètres pour se rendre soit au N’zi soit aux puits de Golubra, non loin de Soungra.

L’oroungou lui-même, n’a plus, à la fui de la saison sèche que des proches d’eau. Néanmoins, grâce à l’humidité de l’atmosphère, la région est essentiellement propice aux cultures vivrières, ignames, manioc et maïs.

TOPOGRAPHIE

Toute la difficulté d’accès du pays réside dans l’épaisseur des fourrées, qui sont parfois fort étendue. Il existe néanmoins de village à village des routes généralement.

En regardant les pistes serpentant par hasard des longues et conduisant aux campements dans la forêt, marqués d’innombrables sinuosité seul presque toujours très mauvaise envahies par la brousse.

Lorsqu’ils sont en savanes, les chemins bordent généralement la lisière du fourrée, pour éviter les terrains détrempé à la saison des pluies. Le réseau des voies de communication est très serré.

Il est à remarquer que la population est assez uniformément repartie et que l’on trouve peu de régions dépourvues de lieux habités. La partie la plus peuplée est la région entre Didamouéssou, Brou Ahossoukro et Boni Kouassi, où le nombre de localités assez considérables.

Les villages sont le plus souvent adossés à la brousse, et masquer du côté de la savane par des plantations d’arbres formant rideau.

Quelques un, toutefois, de même que tous les campements sont aux contraires noyés au plus épais du fourré, tels Taniakro, N’Dakro (au sud de N’Dakouassikro). Kouassikro près de Boni Kouassi, ainsi que tous ceux qui sont échelonnés sur la rive droite du N’zi de N’guessankro à Béganssou.

POLITIQUE

La tribu des Agba comportent cinq (5) sous-tribus principales et en outre un certains nombres de groupements isolés enclavés un peu au hasard. Ce sont :
1- Didaffouè
2- Ahali (de l’est et de l’ouest) seraient venu du baoulè-nord
3-les Sakiaré,

4- les Alandjra, sont une population originaire (Agba-kpli) ou Agba Kloffoin situé dans la région N’gban un groupement de nanan Agba Saha arrivé vers XVIe siècle, avec le groupe Alandjra de Walèbo. Jadis tous installer dans cette région, avant d’être répartis sur le sud (Dimbokro).

Suite à une conquête des Agni, qui furent vaincu, pour se trouver derrière le confluent N’zi jusqu’à présent où ils se partagent encore le territoire avec les populations Agba dans la région de Dimbokro.

Nanan Agba, le chef de file se fixa à N’zissièssou comme son premier village avant de progresser jusqu’à N’zi Broukro, aujourd’hui un quartier de Dimbokro.

En laissant Tanoa Kpli sa sœur sur son premier site qui plus tard recevait les populations Ahali, avant de lui faire appel suivre les traces des éléphants à la recherche de l’eau qui se faisait race dans la région » Soumouèssou  » une retenue d’eau.

Agoualè Ladji, fondateur, le père géniteur de Ladji Brou.  » Djédjébo  » anciennement était le nom de « Dimbokro ». Nanan Agoualè Kouamé, et Houssou Koffi, tous deux originaires de la tribu Alandjra.

Agoualè Kouamé le propriétaire terrien qui céda à Houssou son pouvoir. Il faut préciser que les Alandjra sont composés de trois (3) tribus à savoir : N’Djé, Alassan, Djakobou dans le secteur Agba Alandjra de Dimbokro.

Nanan Agoualè Kouamé, ancêtre d’Amani Ahoussou fondateurs et le propriétaire terrien, frère d’Ahoussou Brou, le père géniteur de Brou Tanoh Marcelle.

La tribu N’Djé: Kolibo, Kokokro, Ahougnanssou sont rattachés aux Alandjra. Des populations venues du pays Anoh, suite à la guerre d’un certain Blé-Tikoklè, pour demander axile aux Alandjra. Ils se fixèrent dans la région de Dimbokro jusqu’à présent.

Les tribus Assabou et N’Djé sont à savoir :

1-Monga : Abbey, Awrôdi
2-Domlan : Assabou
3-N’gbandon, Sèhè, d’Adjoumanikro,

1-Les Atoutou Banafouè de Gbangbokro et Kouadio Attienkro.
2- les Alandjra N’Djé de Klaklassou (rattachés aux Alandjra) ;
3- les N’gban de Taniakro,
4- les Monga de Golikro (Rive droite et Kokokro (Rive gauche),
5- les Ahali d’Andyannou,
6- les Ahali de N’zikro (rive gauche) ;
7- les Ahali Banafouè originaire du Faafouè de Kouassiblékro, de Fougbokro.

1- Didaffouè cette sous-tribu occupe une zone d’étendue assez restreinte le long du N’zi en amont de Béganssou, mais elle est peuplé et possède de gros villages. Le chef Assui N’Dri a été tué au cours des opérations, son successeur est Aboh Kouamé, chef d’Aboh Kouamékro.

2- Ahali depuis la mort de Kouadio Yao, l’influence est partagée par ces cinq (5) enfants : Kouakou, Pra, N’guessan Adjoua et Foto. Le chef des Ahali Kouakou Yah neveu de Kouadio Yao.

C’est la tribu suzeraine sur tout le pays Agba, mais cette suzeraineté, quoique reconnue, est purement normale depuis la mort de Kouadio Yao, et passée sur la tête de Pra.
Les Ahali de l’Est paressent obéir plus particulièrement à Pra et à son conseiller Yakadè, ceux de l’Est à Kouakou Ya et Amangoua.

3-Sakiaré cette sous-tribu comprend deux groupements ayant pour chef N’Da Kouassi (chef de la tribu), etc. Boni Kouassi. Nanan Kouassi le chef aura la rage de dent lors de l’abattage d’un Eléphant qui semait la terreur dans la région et s’exclama-t-il ‘’ N’Kouassi n’djé kpomi ‘’, devenue par déformation « Dimbokro », le nom de la ville actuelle, la capitale des Agba Alandjra.

4- Alandjra, le chef Akaza N’guessan qui a pour conseiller Koffi, chef de Koffikro.
5-les Assabou (Guina ou N’Djé),

6- Assabou cette sous-tribu, établie sur les deux rives du N’zi ont pour chef Ahoussou Yébouet. Son fils, Yébouet s’est montré coopérant à la cause française. Les principaux villages de la rive gauche dont quelques-uns ont été visités pendant la pénétration française sont :

Diakpo, Djamlabo, Kouamékro, Koulékro, Kossékro, Konan N’Doukro, Loukoukro, Kouadio Nikro, Golikro. Il ne faut pas confondre les Alandjra au Assabou conduits par la reine Ablah Pokou vers la fin du XVIIe et début du XVIIIe siècle.

Jadis, les populations de Klaglassou, dont leur origine remonte des Atoutou. Nanan N’goh Houphouët, leur ancêtre procéda à un sacrifice afin de mettre à l’abri de la colonisation française.

Après son rituel dira « Blèfouè- N’kadjabo ». C’est-à-dire le blanc sera sous mon pied, devenu  » Kadjabo  ».Par déformation.

CONCLUSIONS

Il est à remarquer que par une heureuse circonstance les tribus extrêmes Assabou et Alanguira qui se trouvent à cheval sur le N’zi eussent pu le plus facilement dérober à l’action des blancs, sont celles qui se sont le plus rapidement et le plus complément soumissent.

La surveillance à exercer en sera d’autant facilitée et le nouveau poste d’Ahoussoukro se trouve bien placé au centre des groupes souples, Ahali, Sakiaré et Dida.

Extrait du rapport de l’administration coloniale. Exécution de la circulaire N° 178 G.P du 24 mai 1916, de la Subdivision de Bouaké le cercle de Bouaké, est essentiellement un pays de Savane.

Le N’Drannouan « Assa Fama Kéklé », la tribu-mère Assabou-Agoua, qui forme comme une pointe vers le sud (dans la direction de Kotiakoffikro) plus voisine de la zone forestière, est relativement plus boisée ; les bois et boqueteaux y sont plus nombreux et plus denses.

L’ensemble du pays est bien arrosé sauf cependant dans la région montagneuse du bassin du N’zi, aussi les terrains fertiles y sont nombreux et représentent une vaste superficie. Le baoulè est un homme violoniste. Il est intelligent et foncièrement indépendant et individualiste.

La religion est animisme. Mieux vaut dire que la religion chrétienne n’existe pas ; ce fétichisme, en effet la traduit par des pratiques de sorcellerie aussi nombreuses que variées.

L’influence européenne, pénètre plus profondément ces pratiques et le fétichisme en général sont de plus en plus délaissés aujourd’hui dans le pays au profit du christianisme. En tous cas, il paraît établir que les Africains sont une croyance en un être suprême.

Un fait montre surabondamment des croyances fétichistes : c’est l’ascendant obtenu par le prophète noir William Wadé Harris sur les populations du sud-est de la colonie en 1914. Son avenir est présent à toutes les mémoires.

Les transformations qui sont produites aux contacts marchent avec le temps. Elle passe souvent inaperçus mais n’en sont pas moins certaines.

LE VOISINAGE D’AVEC LES AGNI MOROFOUE

L’émigration des Agni Morofoué, vue par les Agba, les voisins immédiats. Les Agni paraissant avoir fait leur apparition dans le pays du Moronou. Un peu avant que les Agba ne soient fixés sur leur territoire actuel.

D’après leur tradition, ils sont originaires d’Ebrosa, territoire situé en terre Ghanéenne, autrefois Gold Coast.

A trois (3) jours et demi ½ de marche au Nord-est d’Aboisso, sur le Tanoé en pays Ashanti, d’où ils émigrèrent à la suite d’une guerre probablement à la même époque que la reine Pokou et les baoulè.

Le premier échelon de ces émigrants ne comprenait qu’une famille d’Ebrossa, dont les descendants directs de « N’GUETIANNOU », dans le département de Bongouanou.

Traversant l’Indénié à l’Est et à l’ouest sous le commandement du chef DANGUI Kpein, ils franchirent le Comoé et vinrent s’établir sur le bord d’un cours d’eau qu’ils nommèrent « MORE », où ils fondèrent tout près du village  » SAHOUA » dans le  » ELLUIBO  », situait dans une savane aujourd’hui envahie par la forêt qu’autrefois existait un village du nom ‘’ D’ELLUIBO ‘’.

C’est le nom de cette petite rivière que découla le nom « Mlowanou » ou aujourd’hui « Moronou », par déformation, qui était autrefois qu’une savane déserte à cette époque a tiré son nom.

D’autre populations furent rejoints par de nombreux congénères et commencèrent à coloniser le terroir Agni vers l’Ouest.

Ce texte a été possible grâce aux documents coloniale d’archive d’Abidjan de 1902.