Boundiali

Boundiali est le chef-lieu du département de Boundiali, dans la région de la Bagoué. La ville est située entre Korhogo et Kouto à l’est et Madinani à l’ouest, Séguéla et Mankono au sud et Tingréla et Minignan au nord. Ses habitants, dont le nombre est estimé à presque 40 000 en 2010, sont appelés les « Boundialikas »

Le département de Boundiali est limité:
– Au nord par le département de Tengrela
– Au sud par les départements de Mankono et Séguela
– A l’est par le département de Korhogo et
– A l’ouest par le département d’Odienné

Le département s’étend entre les 9ème et 10ème latitude nord et le 6ème et 7ème longitude ouest et couvre une superficie de 8 466 km2.

Il se situe à 620 km d’Abidjan, la capitale économique et plus grande ville du pays et à 450 km de Yamoussoukro, la capitale politique.

Le département de Boundiali a été créé par la loi N° 69-241 du 4 juin 1969 et comprend les sous préfectures de Boundiali, Baya, Kasséré Siempurgo et de Ganaoni.

Caractéristiques physiques

Le département de Boundiali est dominé dans l’ensemble par un sol de type ferralitique moyennement et faiblement déssaturé sous pluviométrie atténuée.

Le relief présente les caractéristiques topographiques de la région nord de la Côte d’Ivoire. L’élément de base est une vaste pénéplaine de 350 à 400 mètres d’altitude.

La végétation dominante est la savane souvent arborée et arbustive avec des forêts claires par endroit. Les plaines inondables portent des barbouses, tandis que les lits des cours d’eaux sont couverts de belles forêts galeries. On rencontre dans le département les espèces comme le karité, (butyrospermum parekii), le Néré (Parkia biglobosa,) le Baobab (Andansonia digitata), le Fromager (Ceipa pentendra), le Tamarinier (Tamarindus indica) etc.

Le climat du département de Boundiali est du type soudanais caractérisé par une saison sèche et une saison des pluies. La saison sèche débute en Novembre et se termine en Avril. Elle est caractérisée par le vent sec et frais de l’harmattan qui souffle du Nord vers le Sud.

La saison des pluies part de mai à mi-octobre avec un maximum en août. Les précipitations annuelles varient de 1200 à 1400 mm.

Le département de Boundiali est abondamment arrosé. La Bagoué qui est un affluent du Niger est le principal cours d’eau qui traverse le département. Il coule du Sud vers le Nord. A Kouto, la Bagoué draine un bassin de 4 740 Km2.

En amont de Kouto, l’altitude moyenne est de 425 m. On distingue deux saisons hydrologiques: une saison de crue de trois mois: Août à octobre et une saison de pénurie d’eau de novembre à juin. La plupart des cours d’eau du département tarissent en saison sèche.

Le département est relativement riche en faune. Les espèces animales les plus courantes sont: les Cobs de Buffon, les Cobs de fossa, les Potamochères, les Cynocéphales, les Panthères et les Phacochères.

L’hippopotame, animal sacré de la région se trouve dans la Bagoué et dans certains lacs de son bassin.

Caractéristiques humaines

Le département de Boundiali, est constitué essentiellement de groupes ethniques:
– les Sénoufo autochtones formant le plus important groupe ethnique du département (63,04%). Ils sont organisés en chefferie cantonale et villageoise et sont propriétaires terriens. Ils sont de grands agriculteurs.

– Les Malinké (24,78%), l’histoire de leur migration se confond parfois avec celle des Sénoufo, autochtones et majoritaires dans le département.
Ce sont de grands commerçants.

– Les Peulh: Allogènes et ultra minoritaires avec environ moins de 5% de la population, sont essentiellement des éleveurs.

– Les Allochtones (4,91%): plusieurs groupes ethniques des autres régions du pays constituent cette frange de la population; fonctionnaires et agents de l’Etat, personnel des sociétés commerciales, etc.

Brève historique

De source orale, il ressort que le fondateur du chef-lieu du Département de Boundiali fut un chasseur nommé NIAMBAGA Ganon, ressortissant de Tioro, localité située dans la Sous-préfecture de Kouto.

Etranger dans la région dès son arrivée il aurait demandé refuge chez NOURO Mouélé, chef de terre du village de Mouélé sur le territoire du canton Kassemblé. Mais très prudent, le chef NOUROU Mouélé lui-même chasseur ordonnera à son vassal NAMBALA Pienri d’installer son hôte à Gnangnon, petit village situé à 5 kilomètres du chef-lieu de la commune de BOUNDIALI.

Durant plusieurs années de vie communautaire, NAMBAGA Ganon ne sera jamais intégré. C’est alors qu’il décide de quitter Gnangnon pour fonder son campement au pied de l’une des collines de l’actuelle ville de BOUNDIALI. Il en deviendra le chef, mais en réalité vivra sous la protection du nommé LOHORO Fofana considéré comme le vrai fondateur de BOUNDIALI parce que détenteur d’un pouvoir spirituel sur le dit terroir qu’il tient de l’adoration de cette colline sacrée (Gnangnon).

En fait NAMBAGA Ganon était considéré comme le chef du village. Quant à son administration, elle relevait de la compétence de LOHORO Fofana chef des terres. Au cours d’une de ses multiples randonnées, NAMBAGA Ganon découvrit un tambour fraîchement taillé, séchant au pied de la montagne. Très ému et surpris par cette découverte insolite, il fit l’interjection suivante « PINDIALI », ce qui signifie, en langue Sénoufo tambour séché ! C’est de la déformation, au fil des ans de cette interjection que Boundiali nom de chef-lieu du Département tire son origine.

Il convient également d’ajouter que Boundiali présente un potentiel touristique par la variété et l’abondance de sa faune et de sa flore aquatique sous exploitée (tout le long de la Bagoué affluent du Niger). Aussi, le contraste de relief dans le département qu’on remarque entre les montagnes et les plateaux continentaux d’une part et entre les plaines et les cuirasses latéritiques d’autre part fait de Boundiali une grande curiosité à visiter.

L’agrotourisme

Dans le département de Boundiali à l’instar des autres départements du pays, on rencontre les cultures de rente et les cultures vivrières. L’agriculture constitue la principale activité économique du département et donc favorable au développement de l’agrotourisme.

Les cultures de rentes

L’anacarde, le coton, la mangue, etc. sont les principales cultures de rente du département de Boundiali:

L’anacarde

Les premières plantations ont été créées en 1959 dans la région de Korhogo dans un but de reboisement. A partir de 1972, cette fonction de l’anacardier est abandonnée au profit de l’exploitation commerciale de ses noix avec l’appui de la SODEFOR. Les premières parcelles appartenant à la SODEFOR ont été cédées aux communautés villageoises pour exploitation. La remontée des cours mondiaux de l’anacarde va encourager la création de nouvelles plantations dans tout le département de Boundiali. Le verger actuel est estimé à 15 903 ha appartenant à 4 366 exploitants.

La mangue

Sa culture date du début du 20ème siècle avec la variété Amélie. Les variétés floridiennes, Kent, Keitt, notamment sont postérieures à la 2ème guerre mondiale. C’est à partir de 1980 que le marché local de la mangue va se développer. Cette période marque aussi le début des exportations vers les marchés Européens. Le rayonnement de la culture du manguier s’est fait à partir de Sinématiali, avec l’exportation à grande échelle. Des nouvelles plantations vont être créées dans le département de Boundiali à partir de 1996. Aujourd’hui, le département compte plus de 2500 ha de manguiers pour 1000 exploitants.

Il faut noter que la mangue est un complément alimentaire de premier choix pour les sportifs et pour les enfants également.

La Côte d’Ivoire produit 180.000 tonne de mangues fraîches et en exporte 10.000 tonnes. Les pertes oscillent entre 30% et 40 %.

Aujourd’hui, l’installation d’unités de séchages de mangue de dernière génération qui est écologique dans trois localités dont une à Boundiali, permettra d’une part de lutter contre les pertes de mangues fraîches et d’autre part de satisfaire les besoins du marché en mangue séchée.

Le coton

La culture de coton est encadrée par la société privée (IVOIRE COTON) qui exploite également deux usines d’égrenage.
Le coton est pratiqué par plus de 5 000 exploitants pour une superficie d’environ 11 000 ha avec une production avoisinant les 10.000 tonnes.
La présence de l’usine peut engendrer le développement du tourisme de découverte économique qui permet la découverte d’entreprises industrielles en activité en les abordant par leur intérêt stratégique, scientifique, éducatif, et en les croisant à la dimension ludique du tourisme.

Le Karité et le Néré qui sont des cultures de cueillette connaissent aussi un essor économique dans le département. En effet le beurre de karité et le ‘’soumara » sont deux produits qui constituent une ressource financière pour les femmes.

Tourisme culturel

En ce qui concerne les danses, chansons et musiques populaires, elles sont exécutées devant un public large et socialement différencié. Funérailles et fêtes de réjouissances en sont les circonstances majeures. Les chansons sont relatives à la vie sociale.

Nous pouvons retenir quelques unes au niveau du département:

– FARA: Réjouissance en fin d’initiation d’une génération au Poro
– DININ: Réjouissance en fin d’initiation d’une génération au Poro
– NIYOGO: Réjouissance en fin d’initiation d’une génération au Poro
– N’GORON: Réjouissance en fin d’initiation d’une génération au Poro
– KODEHOUN: Se pratique à toute occasion et plus particulièrement par les chasseurs
– NONHON: A l’occasion des funérailles
– GBOPE: A toute occasion: didadi et yagba
– LOPIGUI: Danse des femmes principalement
– NAGBEUIN: A toute occasion et plus particulièrement au champ
– DJEBEHOUN: A toute occasion: didadi et yagba
– BOLORI: A toute occasion: didadi et yagba
– KPOHIN: A toute occasion: didadi et yagba

Le n’goron, une des danses célèbre du département, pratiquée par une troupe de jeunes est d’abord une danse sacrée: les jeunes gens étaient initiés par le cercle des anciens « Poro » durant 7 ans dans un bois sacré. A la fin de cette période, les jeunes dansent le N’Goron et l’apprennent aux jeunes filles de leur génération qui l’utilisent comme une danse d’accueil ou de réjouissance. Cette danse a une réputation internationale pour avoir raflé des trophées à des festivals.