Ouangolodougou

Elle constitue un important carrefour sur la route qui conduit au Burkina Faso. La localité de Ouangolodougou est chef-lieu de commune, de sous-préfecture et de département.

Selon la tradition orale, la création de cette ville remonterait au 17ème siècle à partir des actions de Ouattara Diomankan, grand chasseur, parti de la cité marchande de Kong à la recherche de gibier et se serait installé sur le site actuel.

Ses frères cadets Ouattara Ouangolo et Ouattara Dio l’y ont rejoint. Le hameau devenu village s’est développé, avec deux principaux quartiers (Ouangolosso et Diédougou) en souvenir de Ouangolo et Dio (Bonifon, 2000). Aujourd’hui, c’est une ville qui fait partie de ce vaste espace Mandé qui s’étend de la Guinée à la Gambie, du Nord de la Côte d’Ivoire au Mali, du Sud du Burkina Faso au Bénin.

C’est cette aire linguistique que les frontières constitutives des Etats modernes d’Afrique de l’Ouest ont divisé en confinant ses composantes (humaines) à l’intérieur de nouveaux cadres territoriaux. Loin de constituer un handicap, les habitants de ces nouveaux territoires ont continué à entretenir diverses relations (sociales, culturelles) par le jeu des alliances anciennes et renouvelées doublé de l’appartenance à une même religion (l’Islam).

C’est sur cette base que s’est développée d’importantes activités économiques et des échanges qui transcendent les frontières. Ces relations se poursuivent aujourd’hui à diverses échelles entre populations transfrontalières, pays enclavés et côtiers et surtout entre capitales des Etats. Ce sont ces dernières qui rythment l’ensemble des flux matériels et immatériels entre les territoires.

Ainsi des relations économiques entre Abidjan (Côte d’Ivoire), Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger), Ouangolodougou a pris une importance croissante en devenant le point d’interconnexion des différents réseaux marchands. C’est aussi un carrefour économique et de rencontre de commerçants des pays enclavés et de la Côte d’Ivoire.

Elle assure ces fonctions à cause de sa situation géographique (périphérie du pays), de la présence d’importantes infrastructures économiques. C’est le cas de l’existence d’une gare ferroviaire, et de la qualité des axes routiers Ouangolo-Bamako (Mali), de Ouangolo-Ouagadougou (Burkina Faso) et Ouangolodougou-Niamey (Niger).

Cette situation fait de la ville un nœud et croisement de flux de biens et de personnes de la Côte d’Ivoire et des pays limitrophes. Le lien entre la ville et Sikasso au Mali se consolide à travers la filière bétail-viandes, celui entre Niamey est actif dans le domaine du commerce de céréales et celui avec Ouagadougou au Burkina Faso à travers les fruits et légumes. Eu égard à ces atouts, Ouangolodougou a donc émergé par rapport aux autres localités avec lesquelles elle avait le même niveau de développement, même statut administratif et économique dans le Nord (Sinématiali, Diawala).

Source: Dynamisme d’une ville stimulé par la frontière : l’exemple de Ouangolodougou au Nord de la Côte d’Ivoire