Le département de Sinfra

Les limites Le département de Sinfra couvre une superficie de 1600 Km2. Les circonscriptions limitrophes du département sont les suivantes :
– Au sud : la région du fromager dont le chef-lieu est Gagnoa. Les circonscriptions les plus proches sont les S/P de Bayota et au Sud-Est la S/P d’Oumé.
– A l’Est : Sinfra est situé à 80 km de Yamoussoukro, chef-lieu de la région des lacs.
– Au Nord : le département est à 50km de Bouaflé, son chef-lieu de région (Marahoué).
– A l’Ouest : le département fait frontière avec Daloa, chef-lieu de la région du Haut Sassandra et beaucoup plus précisement avec les S/P de Gadouan et de Saïoua. Le département de sinfra est situé à 320 Km d’Abidjan (capitale économique) via Yamoussoukro et 340Km via Gagnoa.

Découpage administratif
Le département de Sinfra comprend quatre sous-préfectures: une Sous- Préfecture centrale ( Sinfra) et trois nouvelles localités érigées en S/P en 2001.

La Sous- Préfecture Centrale de Sinfra
Elle comprend les tribus SIAN, BINDIN et VINAN.

La Sous- Préfecture de Kononfla
Elle s’étend sur l’ensemble du territoire de la tribu Nanan. Sous- Préfecture de Bazré : Chef-lieu de S/P, Bazré donne son nom à l’ensemble des villages et campements de la tribu N’Goye. La Sous- Préfecture de Kouétinfla : Ses limites sont celles de la tribu Progouri.

Les tribus
La subdivision du territoire du département de sinfra est faite sur la base de tribus. Ainsi, avons- nous les tribus: SIAN, NANAN, BINDIN, VINAN, N’GOYE, PROGOURI. Signification de sinfra. La dénomination « SINFRA » vient du nom proverbe de la tribu originelle « SIAN ». Sinfra en réalité « Sinfla », terroir des Sian, village des sians est une déformation par l’administration coloniale. « SIAN » ou « Kinnin » ( en gouro) est une nasse; c’est à dire un instrument traditionnel de pêche.

Dans la vision symbolique, les Gouro attribuent à cet instrument la vertu de ne jamais sortir brédouille de l’eau. En s’appelant comme tel, le département s’identifie à la « nasse » et s’énorgueillit de remporter toujours des victoires, d’être toujours parmi les gagnants.

L’agriculture
Regroupés en général dans les villages, les GOUROS de Sinfra pratiquent l’agriculture. ILS produisent le cacao, le café et dans une certaine mesure le coton. Les femmes s’adonnent quant à elles à la production des produits vrivriers. Les efforts des payssans conjugués avec ceux des exploitants installés dans le département ont fait de Sinfra, le grénier de la région la Marahoué. A ce titre Sinfra fournit l’essentiel des produits vivriers pour l’approvisionnement des marchés Gouro de Côte d’Ivoire ( banane, igname, tomate, graine de palme).

La pêche
Contrairement à son nom qui évoque la pêche, le département de Sinfra en raison du manque de grands cours d’eau, n’a pas une grande tradition de pêche. La pêche y est saisonnière et ne peut pas satisfaire la demande locale si bien que le marché est approvisionné avec le poisson venant de la mer ( Abidjan, et San-Pedro) ou du lac de kossou( Bouaflé)

L’élevage
L’élevage est peu développé dans le département qui demeure par conséquent tributaire de la transhumance.

Répartition de la population
Le département de Sinfra compte 170.000 habitants repartis de la façon suivante: Les autochtones ( Gouro), les allochtones (Baoulé, Malinké, et autres communautés ivoiriennes) et les allogènes c’est à dire les non nationaux (Maliens, Burkinabé, Guinéens, Nigériens, Nigérians, Mauritaniens, Libanais…)
Les caractéristiques de la population

Les autochtones
Les Gouro ( %) sont le peuple originaire du département de Sinfra. De par sa position (peuple du milieu) géographique, le peuple Gouro de Sinfra est en contact avec plusieurs courants culturels. Les interpénétrations avec les peuples voisins (Bété, Gagou, Baoulé) ainsi que les flux migratoires d’autres communautés ivoiriennes et étrangères ont beaucoup contribué à enrichir son patrimoine culturel. Les Gouro de Sinfra ont des noms types (nom proverbes) relatifs aux événements de la vie ou aux croyances des familles et des noms d’emprunts aux peuples voisins.

Les allochtones
Ce sont les communautés ivoiriennes (Baoulé, Dioula…) exerçant des activités diverses dans le département. Les Baoulés ( %) Regroupés en majorité dans des campements, ils sont pour la plupart devenus des exploitants agricoles, ils cultivent les produits de rente (café, cacao) et produisent de l’igname. Les Malinkés ou Dioula :
Installés en majorité dans les villes, leurs activités principales sont le commerce et le transport.

Les allogènes
Ce sont les étrangers non ivoiriens (Maliens, guinéens, libériens, Nigériens, Nigérians, …). Ils sont pour la plupart des opérations économiques. On les retrouve dans l’industrie du bois, dans la restauration, le commerce de matériaux du bâtiment, des produits alimentaires, des produits phytosanitaires. Les Burkinabé quant à eux, s’intéressent d’avantage aux travaux des champs.

Culture et tourisme

Les danses
Le département de Sinfra renferme un riche patrimoine culturel : il existe des danses sacrées (le djè…) interdites aux femmes et aux non initiés, des danses populaires de réjouissance telles que le Gaou, le Blyo, le Zallo et des danses guerrières comme le Gouligali.Ces différentes danses sont soutenues par des instruments traditionnels de musique. Au nombre de ces instruments, figurent le Laagô ou tam-tam parleur battu à des occasions exceptionnelles soit pour annoncer le décès d’une personnalité de haut rang aux yeux de la tradition, soit pour célébrer une victoire remportée sur l’ennemi ou pour louer la bravoure d’un chasseur. Outre le Laago, il existe le Vla (flûte traditionnelle), la Balawalè (une sorte de balafon), le Kpété ( guitare traditionnelle comportant sept à neuf baguettes), le kokoba ou la castagnettes etc.

Les tenues vestimentaires
– Le Nagafiani, pagne rarissime, fait la fierté du département. IL est en général offert comme dote pour les mariages grandioses.
– Le Kamadjè de N’Goye S/P de Bazré est certainement le pagne qui distingue le mieux le Gouro de Sinfra. Viennent ensuite des Bia, Dango, …