Le village de Tafissou

Historique
Un chasseur, en provenance de Kocumbo en passant par Mougnan a été hérbergé par la vieille Yangui. Celle-ci devient sa femme. Elle lui donne l’ordre de chasser dans la forêt de ses parents du côté de Kotokouassikro actuel Djékanou. Au delà de Djékanou, il se retrouve dans un campement où il y avait assez de gibier. Il décide de s’y installer. Ce campement s’appelait ASSUIKRO. Il fût logé sur le site de l’actuel bois sacré sur le plan. Sa réputation à la chasse fait de lui des ennemis qui se mirent à sa poursuite. Arrivés à ASSUIKRO, on leur demande les nouvelles. Ils répondirent qu’ils sont venus combattre ce chasseur dont on parle tant. Le porte-parole d’ASSUIKRO leur dit: « am Tafi oémé tui y trôp bouêh sou ». Traduction littérale: « Est-ce que vous avez bien lapé le bout de vos fusils avant de venir? ». C’est un proverbe baoulé qui veut dire: « est-ce que vous êtes bien prêt pour combattre? ». C’est donc de cette phrase en baoulé qu’est sorti le nom de mon village.

Le chef trouvé en place était Kouakou N’dri et après lui est venu N’dri Polou, puis Kamon Ngoran qui est décédé sans être intronisé. Le chef actuel est Pokou Kouassi.

Peuple
Le peuple originaire fait partie du groupe Akan et précisément des Walêbo. Mais on y trouve d’autres groupes venus de Bouaké, Dimbokro, Sakassou et des allogènes (les Mossi venus du Burkina-Faso)

Ce peuple est a majorité animiste mais on assiste a une grande affluence vers la religion chrétienne. Les églises représentées chez nous sont : l’Eglise catholique, les Assemblées de Dieu, CMA, Jésus-Seul.

Activités
Les hommes de Tafissou pratiquent la culture du café, du cacao, de la banane plantain, de l’igname et du manioc. Ils s’intéressent de nos jours à la culture du riz, du maïs et du palmier à huile. Ces planteurs sont pour la plupart des chasseurs de nuit. Les gibiers les plus fréquents restent l’agoutti, la biche et le rat mais parfois on y trouve la gazelle, le pangolin.

La Culture
Dans mon village il existe des danses folkloriques tel que:

1 – L’Adjémélé
C’est une danse des funérailles et de réjouissance. Elle se danse au son des tam-tams et d’un morceau de fer appelé « cocoa » et se danse seul.

2 – Ahima-Oumin
C’est presque la même danse que la première mais celle-ci se danse en groupe en faisant de petit rang.

3 – le Krimplili ou Tam-Tam parleur
On l’utilise pour informer la population en cas de décès mais aussi pour quelques cérémonies de réjouissance populaire. Se danse rarement et surtout par des personnages d’un âge avancé.

4 – Le Zibla la paix
C’est une danse créée par les jeunes pour animer le village au cours des fêtes. C’est un orchestre dont les instruments sont fabriqués par eux-mêmes et se danse sous forme de ballets modernes avec les rythmes actuels.

Le N’din-zué
C’est la rivière protectrice du village. A chaque début de saison des pluies, pour que les pluies soient bonnes, il faut l’adorer. Aussi lorsqu’une femme ne fait pas d’enfant, elle se rend au bord de cette rivière et fait ses vœux ainsi elle pourra enfanter sans problème.

Le génie de cette rivière s’incarne dans une femme qui rentre en transe parfois et dit le message du génie au peuple.

Tafissou est peuplé de près de 1000 âmes au dernier recensement de 1998. Et cette population est en partie jeune et paysanne. Une chose est à souligner, cette population est analphabète pour la plupart car c’est seulement en 1995 qu’elle a eu une école primaire qui ne compte seulement que 3 classes.

Source: sinzenou.ch