Man, la capitale des 18 montagnes

Dans l’ouest, en pays Yacouba, les cours d’eau sont franchis sur des ponts fait de grosses et de fines lianes accrochées aux arbres de l’une et l’autre rives. On dénombre présentement une dizaine de ponts de liane fonctionnels. Le plus connu est celui de Lieupleu dans le département de Danané. Pour le néophyte à l’esprit trop cartésien, la première pensée est de se demander comment il va marcher sur ce pont oscillant à une vue d’œil. La deuxième concerne la façon dont les peuples dits « primitifs » ont pu avoir l’ingéniosité nécessaire pour bâtir ces ponts.

En ce qui concerne la première question, la réponse est : pieds- nus et sans chum-gun. La deuxième reste du domaine du mystère, puisque le pont est réalisé en une seule nuit par les seules initiés. Toutefois, il faut avoir un certain courage pour entreprendre le passage sur le pont. Parce qu’ au fur et à mesure que l’on traverse, on a la vague impression qu’on oscille sur l’eau, qu’on se balance. Ce sentiment de flotter dans l’espace est dû aux tourbillonnement de l’eau.

Après les ponts de liane, pour les amoureux de randonnés pédestres. On peut escalader certaines montagnes. Parce que toutes les montagnes s’offrent pas une façade « escaladable ». La plus accessible, le mont Tonkoui ou Tonpki. Située à 5 km du centre-ville, elle offre un beau panorana de la ville de Man. Sur son sommet, les vestiges de ce qui a servi de résidence aux gouverneurs blancs de la ville. Parcourant le mont, l’on arrive aux cascades. Situées au milieu d’une forêt dense plongée dans une demi- pénombre, les cascades offrent une vision de chutes d’eau fort belle.

Après les montagnes et les cascades de Man, la région du bafing de Touba, lui aussi reste une curiosité avec un accent plus marqué sur le mystère. A ce niveau, la Palme revient au village de Silakoro. Ce village frappe par son originalité. Il est le dernier bastion de l’animisme dans une région dans une région où l’islam a depuis longtemps pris quartiers.

Dans ce village, chaque habitant a devant sa porte son dieu et son fétiche. Et le lieu de tous les cultes est le marigot sacré où vivent des poissons silures qui sont sensés incarner l’âme des ancêtres. Pour ceux qui aiment le mystère des forges, le village de Yo à 6 km de Touba offre ses forgerons qui travail le fer dans une région qui n’en regorge pas. Il y a aussi Guiglo et ses grottes sacrées. Ouarinou et son passage secret qui relie la Côte d’Ivoire à la Guinée.

Quelques données
Economie
Agriculture : riz (à la base de l’alimentation), café, cacao, huile de palme, noix de cola. Autres cultures : manioc, maïs, arachide, igname, banane. Une scierie, seule entreprise industrielle. Le commerce de détail est une activité florissante.

Tourisme
Le climat est « frais ». Excursions en montagne comme l’ascension de la Dent de Man ou du Mont Tonkpi. A voir : cascade de Man, pont de lianes, village-hôtel de Gouessesso, vieux village de Biankouma. Artisanat d’art (statuettes en ébène, colatier et le célèbre masque Dan).

Enseignement
Enseignements primaire et secondaire : 44 écoles primaires accueillant 14 000 élèves. 9 lycées et collèges pour 11 000 élèves. Lycée d’enseignement professionnel (mécanique, électronique).

Guy Komelan
Source: http://www.globeaccess.net/globe3/bafing.htm