Le département de Daloa

Avant de devenir le chef-lieu de la région du Haut-Sassandra en 1996, Daloa fut successivement chef-lieu de subdivision administrative de Cercle puis du grand département de l’Ouest incluant Man, Issia, Gagnoa, Vavoua et Bouaflé et enfin de la région du Centre-Ouest.

En 1996, le département de Daloa comptait 4 sous-préfectures: Daloa, Zoukougbeu, Gboguhé et Bédiala et comprenait 138 villages et environ 6 572 campements. Les villages sont regroupés en pays ruraux. Un pays rural est composé d’un village-centre et d’un ou plusieurs villages satellites.

Les villages-centres sont des pôles de développement destinés à recevoir les équipements et infrastructures socio-économiques tels que l’école, les services de santé, le marché commun à l’ensemble des populations du pays rural. Le découpage du milieu rural du département de Daloa donnait 34 pays ruraux pour l’ensemble du département de Daloa: 14 pour la sous-préfecture de Daloa, 9 pour la sous préfecture de Gboguhé, 6 pour la sous-préfecture de Zoukougbeu, 5 pour la sous-préfecture de Bédiala.

La sous-préfecture de Daloa

La sous-préfecture de Daloa a été créée par le décret n° 61-16 du 3 janvier 1961, qui scinda l’ancienne subdivision centrale en deux sous-préfectures. La deuxième était la sous-préfecture de Greubleu actuelle sous-préfecture de Zoukougbeu. Le découpage administratif intervenu à la faveur du décret n° 86-1921 du 24 septembre 1986 a scindé la sous-préfecture de Daloa de nouveau pour donner les sous-préfectures de Bédiala et de Gboguhé. Deux autres sous-préfectures ont vu le jour en 1997 par une nouvelle subdivision de la sous-préfecture de Daloa en 3 parties: Daloa, Gadouan et Zaïbo. Ces trois récentes sous-préfectures sont pour le moment administrées par le sous-préfet de Daloa et habitées respectivement par 226 468 habitants, 45 419 habitants et 23 888 habitants. Ensemble, elles couvrent une superficie de 2 244 km2 et comprennent, en plus de la ville de Daloa, 44 villages et 206 campements.

La commune et la ville de Daloa

La ville de Daloa est née de la communauté de quatre villages : Loabia, Labia, Gbeuliville et Tazibouo en bordure des pistes Nord-Sud et Est-Ouest. L’urbanisation s’est faite progressivement autour de ces villages. L’arrivée du Gouverneur Peraldi en 1940, donne à la ville un nouveau visage. Il crée alors une ville avec un centre et cinq quartiers:
– quartier administratif,
– quartier de logements de fonction au sud du précédent,
– quartier commercial de part et d’autre de la voie Nord-Sud,
– zone d’activités industrielles sur la route de man,
– quartier dit « Africain », limité au sud par une zone basse marécageuse.

C’est en 1958 que la ville commence à bouger. Elle couvre à cette époque 242 hectares dont les 3/4 des terrains urbanisables sont prévus par le plan Péraldi. Le quartier dit « Africain » est saturé et la ville passe de l’autre côté de la zone basse marécageuse pour créer le quartier « Marais » en 1959. Mais en 1960, à cause des problèmes fonciers, l’extension de la ville se voit bloquée vers les directions Ouest, Sud et Est. La ville se développe alors vers le Nord par la création des quartiers populaires Belleville, Aviation et Gbobele au Nord-Ouest et le nouveau quartier résidentiel « Piscine » inauguré en 1967 au Nord-Est. En 1970, la ville couvre 645 hectares. A cette époque, l’urbanisation marque une pause : les terrains sont rares pour le plus grand nombre des habitants et il s’agit de « boucher les trous » en densifiant les lotissements déjà appliqués.

Mais en 1974, l’occupation spontanée du flanc de la colline Ouest qui deviendra le quartier Huberson, du nom du préfet de l’époque relance l’urbanisation de Daloa. En 1975, la ville couvre 838 hectares pour atteindre 1 340 hectares en 1980. Les terrains devenant rares, une forte occupation spontanée conduit à la création du quartier Bracodi au Nord-Ouest et Abattoir II au Sud-Est. A la même période, la gendarmerie occupa 45 hectares à l’entrée de la ville sur la route d’Abidjan et 15 hectares à la sortie sur la route d’Issia. Deux quartiers résidentiels sont aussi créés : Orly et Tazibouo II.

Aujourd’hui, Daloa est composé d’un noyau urbain de 30 quartiers, entourés d’une zone suburbaine, comptant sept  » villages-quartiers  » annexés récemment (1986) pour l’extension de la commune. Capitale de la région du Haut-Sassandra, avec ses 163 575 habitants en 1998, Daloa est classée troisième ville de Côte d’Ivoire. Située au carrefour des routes nationales Man – Abidjan et Odienné-San-Pedro, Daloa connaît un trafic routier conséquent.

On rencontre plusieurs types d’habitat dans la ville répartis en 5 catégories (haut standing, bon standing, moyen standing, évolutif, spontané) en fonction de leur niveau de services, de leur mode de construction et de la densité d’occupation. L’habitat de haut standing composé par des constructions individuelles de faible densité est localisé essentiellement au Nord de la ville dans les quartiers Piscine, Kirman et Tazibouo. L’habitat de bon standing a une densité moyenne et se développe dans les quartiers Piscine B, Tazibouo, Lobia, Commerce et Orly.

L’habitat évolutif constitue la plus forte densité d’occupation et occupe la majeure partie de l’habitat à Daloa. On y trouve comme matériaux de construction le banco, le dur et le semi-dur. Les superficies des parcelles tournent autour de 500 m2 et comportent plusieurs constructions. L’habitat de moyen standing est dispersé à l’intérieur des quartiers d’habitat évolutif.

L’occupation spontanée de l’espace par la population qui ne peut accéder aux terrains planifiés a conduit progressivement à la création de 7 quartiers précaires : Orly II et III, Manioc (Sud B), Cafop, Soleil II, Spontané Sud B, Kennedy et Lobia. Disséminés dans tous les sens de la ville, ils sont en général juxtaposés aux quartiers nouvellement lotis. Leurs habitants sont des refoulés n’ayant pas de moyens pour occuper les quartiers lotis. Ces quartiers sont de grands consommateurs d’espace.

Ces quartiers sont reliés entre eux par une voirie en très mauvais état. Celle-ci est en grande partie en terre graveleuse non revêtue, même dans les quartiers de bon standing tels que Tazibouo I et II, Evêché, Piscine, Lobia, etc. En plus certaines de ces rues n’ont même pas de caniveaux pour l’évacuation des eaux pluviales. D’où la dégradation systématique de ces voiries après les saisons des pluies.

L’agglomération de Daloa exerce une influence importante sur le milieu rural environnant et au-delà, sur une grande partie de la moitié ouest du pays. A l’échelle départementale, on observe un rayonnement des pistes convergeant vers le centre de consommation de Daloa qui devient un marché où sont déversés les surplus de production vivrière. A l’échelle nationale, Daloa se trouve dans la zone agricole la plus productive du pays et bénéficie d’infrastructures routières permettant un trafic régulier de produits vivriers. Ainsi située au centre d’une zone de forte production agricole, Daloa apparaît comme une  » ville à la campagne  » constituant un débouché immédiat pour les produits vivriers de la région et une source d’approvisionnement pour l’ensemble du territoire ivoirien.

Source: Organisation de Coopération et de developpement Economiques