Toumodi

Toumodi est née, au milieu du 19e siècle, d’un carrefour de pistes, conduisant l’une vers Tiassalé et les ports de traite de la côte, l’autre vers Bouaké et les empires du nord, la troisième vers les filons aurifères de Kocumbo, à une trentaine de kilomètres vers l’ouest. MARCHAND y fonde un poste en 1893 ; les Baoulé de la bourgade se font les auxiliaires de la colonisation aux dépens des villages voisins, tandis que les commerçants Dioula affluent à la faveur de la « paix française ». La mise en service en 1912 de la gare de Dimbokro justifie l’ouverture d’une nouvelle piste et accentue le rôle commercial de Toumodi. A partir de 1920 les anciens combattants et les fonctionnaires occupent une place croissante ; après 1930, le développement de la culture du café dans la région et l’activité propre du centre attirent des immigrants Mossi qui constituent vite une colonie autonome.

En 1957, Toumodi est encore un assemblage de quartiers très typiques autour d’une zone commerciale et administrative. L’annonce, puis la réalisation rapide, à coups de « bulldozer », d’un plan de lotissement, bouleverse alors le paysage habité ; la reconstruction et l’urbanisation créent un fort appel de main-d’oeuvre, tandis que le bitumage de l’axe Toumodi – N’Douci – Abidjan contribue à renouveler tout le secteur commercial. L’Indépendance s’accompagne d’un gonflement du personnel administratif, et accélère la scolarisation et les migrations scolaires.

Malgré les profondes transformations qu’elle vient de subir, Toumodi présente une série de traits bien caractéristiques : le centre des anciens quartiers ethniques reste homogène et original tandis qu’apparaissent à la périphérie des quartiers plus cosmopolites.

Source: Extrait de Toumodi, élément pour l’étude d’un centre semi-urbain en moyenne Côte d’Ivoire par Joseph de BETTIGNIES