Région de La Mé

La région de La Mé, collectivité décentralisée, a été créée par décret n°2011-263 du 28 septembre 2011 portant organisation du territoire national en Districts et Régions. La région de La Mé est localisée dans la partie Sud de la Côte d’Ivoire. Elle s’étend sur une superficie d’environ 8237 km². Elle est limitée au Sud-Est par la région du Sud-Comoé, au Sud-Ouest par la région de l’Agnéby-Tiassa et le district d’Abidjan, au Nord par la région du Moronou, au Nord-Est par celle de l’Indenié-Djuablin.

La région de La Mé a pour chef-lieu de région Adzopé. Elle est constituée de quatre (04) départements: Adzopé, Akoupé, Alépé, et Yakassé-Attobrou et six (06) Communes que sont: Adzopé, Agou, Akoupé, Afféry, Alépé et Yakassé-Attobrou.

Elle compte dix-sept (17) Sous-Préfectures: Adzopé, Agou, Assikoi, Annépé, Yakassé- Mé, Bécédi Brignan, Akoupé, Afféry, Bécouéfin, Alépé, Oghlwapo, Aboisso Comoé, Allosso, Danguira, Yakassé-Attobrou, Biéby, et Abongoua et cent dix-neuf (119) villages.

La région de La Mé comptait, en 1998 selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), 376 534 habitants pour une superficie de 8237 km², soit une densité de 46 habitants/km². Les estimations du dernier recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2014), indiquent une population de 248 812 habitants.

C’est une population active à dominance agricole. Elle est composée de plus de 50% de jeunes.Du point de vue du relief, la région de la Mé est caractérisée par la présence de nombreuses collines dont l’altitude moyenne ne dépasse pas 100 m. Le mont Mafa est le seul point culminant (environ 200 m). Ce relief laisse apparaître de nombreux bas-fonds.

On distingue deux types de sol:

– au Nord, un sol ferralitique sur schiste moyennement lessivé;
– au Sud, un sol ferralitique sur granite, très léger et plus riche.

Sur le plan hydrographique, la région de La Mé est arrosée par d’importants cours d’eau ( la Comoé, la Mé, l’Agbo ou l’Agnéby, le Mafou, le Massan, le Tefa, le Mabi) situés dans les départements d’Adzopé, d’Akoupé et de Yakassé-Attobrou. Elle est aussi arrosée par de deux grandes rivières, avec un grand fleuve (la Comoé) au niveau du département d’Alépé.

La région de La Mé appartient à la zone subéquatoriale avec un climat de type Attiéen comprenant quatre (04) saisons dont deux (02) saisons pluvieuses et deux (02) saisons sèches.

Au niveau des atouts, il faut relever la présence d’une forte population jeune et potentiellement dynamique. Les ressources touristiques, agricoles, forestières, minérales et minières sont importantes.

Située dans la zone forestière à pluviométrie abondante, la Région de La Mé est une région agricole très importante. Les cultures vivrières (manioc, banane plantain) et les cultures de rente (café, cacao, hévéa, palmier à huile) sont les plus pratiquées. Du fait de sa proximité avec la capitale économique ivoirienne, l’essentiel de la production vivrière est écoulée sur le marché abidjanais, ce qui provoque des pénuries sur le marché local d’où la cherté de la vie dans la Région. Il faut signaler que la culture de la cola est pratiquée de manière informelle, mais rapporte des revenus substantiels à la population.

La région dispose d’énormes potentialités sur le plan agricole avec la production de café, de cacao, de bois, de vivriers, d’hévéa, etc. L’Etat ivoirien, dans le cadre de sa politique de développement agricole, a mis à la disposition des populations riveraines et de nombreux demandeurs, des terres de culture en procédant au déclassement d’une partie de la forêt classée de Memni par arrêté n°645 du 7 mars 1973.

En effet, la région de La Mé est une zone touristique disposant d’attractions tels que la lagune Potou, la Comoé vers Koutoukro, les comptoirs de commerce CFAO et SCOA, le lac d’Ingrakon, la forêt de bambou de chine sur la rivière à Monnékoi, les montagnes jumelles Mafa-Mafou (montagnes aux miracles) de Bécédi-Brignan, dans les départements d’Adzopé et d’Alépé.

– La ferme piscicole de Moussa Bado

Située dans le département d’Akoupé, la ferme piscicole de Moussa Bado couvre plus de 10 ha. C’est une ferme où cohabitent élevage et pisciculture. Le visiteur est impressionné par la qualité des infrastructures. Il pourra pratiquer la pêche, acheter des œufs ou des poissons.

– Sap de la Mé

Sap de la Mé est un « petit paradis » au milieu de la forêt à 15 km d’Adzopé sur la route de Yakassé-Attobrou. Couvrant une superficie totale de 600 ha de forêt, Sap de la Mé est une zone agricole où demeurent animaux sauvages et domestiques. On y trouve de nombreux types d’élevages (poissons, agoutis, lapins, cailles, perdrix etc.). Le visiteur est frappé par la qualité des infrastructures, des équipements et pistes qui le conduisent vers un mélange étonnant de terrains exploités (hévéa) et de forêt dense, vierge et immense. Ce site abrite également la plus grande usine de fabrication de la Spiruline (la spiruline est une algue qui existe depuis plus de trois (03) milliards d’années dont trente six (36) espèces de spiruline sont comestibles.

D’abord cultivée en Californie et à Hawaï, la spiruline est maintenant produite partout où le climat le permet: Chili, Chine, Cuba, Inde, Afrique de l’Ouest, Grèce (en serres géothermiques), etc. Dans le commerce, la spiruline se présente généralement sous la forme d’une poudre bleu-vert déshydratée, en vrac ou en capsules.

La spiruline contient des protéines, de la chlorophylle et de petites quantités de plusieurs minéraux. Elle est une source exceptionnelle de caroténoïdes variés, de fer et riche en phycocyanine.
Voilà pourquoi l’on parle souvent de cette algue comme d’un « super aliment ».

– Les forêts classées (Ecotourisme)

On dénombre plusieurs forêts classées totalisant une surface de plus de 167.000 ha, dont l’une, la forêt classée de Besso (23.100 ha) est une forêt aménagée par l’entreprise Inprobois capable de recevoir des visiteurs. Les touristes y vont pratiquer des randonnées pédestres ou l’écotourisme.

En la matière, Alépé dispose d’une large couverture forestière matérialisée par six (06) forêts classées dont une déclassée (forêt de Memni) et neuf (09) PEF dans le milieu rural. L’air y est respirable et les pluies plus que suffisantes, sont favorables aux cultures pérennes.

La végétation donne à la région une physionomie spécifique, une vaste gamme de végétaux. Elle regorge également d’essences et de pistes avec possibilité de promenades à pieds, à véhicules ou à VTT.

La région dispose d’importantes infrastructures économiques et sociales.

II- ECONOMIE DE LA REGION

II.1- Le secteur primaire

La région tire ses principales sources de revenus:

– de l’agriculture (cacao, café, palmier à huile, hévéa, manioc, banane);
– du commerce;
– de l’activité industrielle du bois, poumon économique de la région.
Pratiquement tous les chef-lieux de Communes et Sous-Préfectures disposent chacun d’un marché permanent de vivres à grande ou moyenne capacité (Adzopé: 600 places, Afféry: 642 places; Akoupé: 3500 places, Bacon: 300 places, Assangbadji: 200 places etc). Les marchés hebdomadaires du dimanche d’Afféry, Ananguié et Bonahouin sont de notoriété avec d’importants volumes de produits vivriers de saison (manioc, banane, légumes etc.) à prix bord champ.

On compte aussi les épiceries, quincailleries et autres magasins, le commerce de produits pétroliers (stations services) et produits agricoles d’exportation.

Les villes d’Adzopé, d’Afféry et d’Agou sont également équipées chacune d’un abattoir municipal. Ces trois (03) villes précitées ainsi que celle d’Akoupé disposent de gares routières.

Nous avons la transformation du bois par des entreprises qui sont situées dans les Communes d’Adzopé (FIP–avec succursale au Cameroun-, NSA, INPROBOIS et Tropical Bois) et d’Akoupé (SNTRA et NSKF) qui emploient environ 3500 personnes et transforment en moyenne 277 000 m3 de grume par an.

L’approvisionnement en bois est assuré dans un rayon de 150 km autour des villes concernées. Mais la diminution des ressources forestières locales et la recherche d’espèces particulières amènent lesdites entreprises à s’approvisionner également à Bongouanou, Abengourou et M’batto.

Parmi les structures industrielles, citons la société ITRAD-TALIN qui a pour matière première les fruits d’un arbre ainsi que ses feuilles (qui servent à attacher l’attiéké), approvisionne une industrie pharmaceutique en Grande –Bretagne, ADAM-AFRIQUE, qui fait de l’extraction d’huile de palme son activité principale. Ses structures sont implantées dans le département d’Alépé.

Quatre (04) complexes agro-alimentaires sont présents dans la région, à savoir l’unité de pressage de citron à Bécouefin, les boulangeries modernes, les unités de fabrication d’attiéké de Diapé et d’Alépé, l’usine de banane douce de Bana-comoé et la plantation EGLIN (bananeraie) de Motobé.

La région enregistre la présence de nombreux établissements financiers et compagnies d’Assurances.

Quant aux ressources halieutiques, elles restent dominées par la production de la société agro-piscicole de la Mé (SAP de la Mé).

Les permis d’exploitation ont été attribués aux sociétés NEWNONT et CAYSTAR qui continuent les recherches en vue d’identifier et au besoin d’extraire les minerais du sous-sol de la région.

II.2- Le secteur secondaire

La région abrite quatre (04) grandes unités industrielles de bois:

– la Fabrique Ivoirienne de Paquet (FIP) disposant d’une succursale au Cameroun;
– l’Industrie de Promotion du Bois (INPROBOIS);
– Tropical-Bois;
– la Nouvelle Scierie d’Adzopé (NSA);

Concernant les mines et l’énergie, la région bien que largement desservie par la CIE, la qualité du courant demeure un véritable problème. Car, les coupures d’électricité sont intempestives.

La région dispose de quatre (04) opérateurs (Total, Texaco, Ivoire-oil, Petroleum) pour la distribution des produits pétroliers.

Le secteur des mines est toujours en phase d’exploration.

Le secteur de l’artisanat est peu dynamique et non valorisé.

II.3- Le secteur tertiaire:

La région de La ME dispose de nombreux services publics et administratifs, des équipements socio-collectifs. Tous ces services sont implantés dans le chef-lieu de région et dans les départements.

L’activité commerciale reste dominée par la vente des produits agricoles (café, cacao).
La production des cultures vivrières est très faible. Le circuit de commercialisation de ces cultures demeure très mal organisé.

La région bénéficie de la présence de quelques pharmacies, de boulangeries ainsi que du transport urbain et interurbain (Adzopé-Abidjan).

La population de la région est très bien organisée au regard des différentes associations, coopératives agricoles et mutuelles de développement identifiées. Ces mouvements associatifs contribuent à la lutte contre la pauvreté et participent au développement de la région.

III- ENVIRONNEMENT SOCIAL, HISTORIQUE ET CULTURE DE LA POPULATION, EDUCATION, SANTE, JUSTICE ET INFRASTRUCTURE

III.1- Environnement social

Dans la région de La Mé, cohabitent en parfaite harmonie le peuple Akyé, peuple autochtone de la région fortement influencé par les allochtones (Malinké, Abron, Agni, Baoulé, Koulango,…) et allogènes (Burkinabé, Maliens, Nigériens, Mauritaniens etc.) attirés par les activités commerciales ou agricoles.

III.2- Historique et culture de la population

La population dominante de la région est constituée par d’ autochtones Akyé.
La diversité culturelle des peuples Akyé, Agni et Gwa qui composent la région de La Mé lui confère une richesse indéniable. Les formes d’expressions culturelles sont nombreuses, notamment les danses, la gastronomie, l’art et l’organisation sociale.

Venu du Ghana actuel pour s’installer en Côte d’Ivoire, ce peuple est reconnu comme un peuple très jovial et festif qui a l’art des concerts avec des groupes musicaux reconnus au niveau national et international (TP Audiorama, Ahiwô Orchestra, N’guié Orchestra, Alobié Akounda d’Alépé, Rossignols d’Ananguié, AC orchestra etc.)

Le peuple Akyé dans ses différentes composantes offre au voyageur plusieurs festivals, à savoir la fête des ignames avec ses tam-tams parleurs et ses chefs guerriers à Grand-Akoudzin (08 septembre), le N’dabo-Festival d’Afféry prévu dans le mois de septembre, le Fôkwé, réminiscence de « l’exode » du peuple Gwa depuis Monogaga, ainsi qu’un riche répertoire de danses traditionnelles des pays Gwa et Agnis.

Ces danses traditionnelles sont pratiquées pendant les grandes cérémonies de réjouissance tels que le « Akouayé », le « Depi », le « Sati », l’« Adjassi kendé ».
Par contre, le « Echi » est une danse prévue pour les cérémonies funèbres d’hommage aux personnes âgées (hommes ou femmes du troisième âge).

Malgré l’existence des religions révélées tels que le christianisme et l’islam, la population akyé reste attachée au culte des ancêtres à travers les pratiques funéraires et des cérémonies d’adoration de sites sacrés. Toutes ces pratiques constituent le fondement culturel de la région.

L’organisation sociale se fait par la sortie des « générations ». Ce sont les «gnando », les « djougbun » et le « mbéché » qui se succèdent au pouvoir.
La région de La Mé, au niveau gastronomique, a un label à savoir Le Biekosseu ou la sauce piment à l’escargot. Le Biékosseu, devenu un art culinaire au niveau de la région, est une recette composée de sauce piment et de poissons frais ou de l’escargot, cuits à l’étouffé dans des feuilles de bananier ou d’attiéké et qui s’accompagne généralement d’un plat de foutou banane ou de riz. Ce plat traditionnel dont la réputation dépasse les frontières de la région et de la Côte d’Ivoire permet d’identifier aisément ce peuple et cette région.

III.3- Education

La région connaît un fort taux de scolarisation, même si des efforts sont encore à fournir. On y compte des établissements scolaires à tous les niveaux.

III.4- Santé

Au plan sanitaire, la région est relativement couverte en établissement de santé. Toutefois, ces centres de santé restent insuffisants et faiblement équipés.

III.5- Infrastructures économiques

III.5.1- L’eau et l’électricité

La région est faiblement couverte en eau et en électricité malgré les efforts des ex- Conseils Généraux.

III.5.2- Les routes

La région dispose d’un réseau routier important mais peu praticable.

IV- OPPORTUNITES ET SECTEURS PORTEURS

Développement d’un secteur artisanal dynamique (qui pourrait se confondre avec le secteur formel et constituer le moteur de la croissance).

Urbanisation croissante (hausse de la demande de produits alimentaires et marchés pour l’agriculture, élargissement du marché interne pour l’industrie du bois.

Développement des cultures vivrières (autosuffisance alimentaire, création d’emploi).

Exploitation des potentialités touristiques (accroissement et développement des infrastructures d’accueil tels les hôtels, restaurants, les routes et les transports).

V- PERSPECTIVES

Le secteur agricole relativement développé et certaines filières (hévéa, palmier à huile, café, cacao) offrent des perspectives de développement industriel.

VI- CONTACTS

VI.1- Conseil Régional

Adresse: BP 217 Adzopé
Mobile: 58 13 24 97
E-mail: regiondelame@gmail.com

VI.2- Président du Conseil Régional

Adresse: 01 BP 4562 Abidjan 01
Téléphone: 20 21 65 67
E-mail: somboyapi@yahoo.fr

VI.3- Maire

Adresse du chef-lieu de région: BP 231 Adzopé

VI.4- Préfecture de région

Adresse: BP 215 Adzopé