ABISSA: Des origines à aujourd’hui

La grande famille des N'Zima kôtôkô est originaire du Ghana .Elle célèbre chaque année une traditionnelle fête culturelle qui existe depuis 1800: le KOUDOUM OU L'ABISSA. Selon L'histoire une femme serait partie pour ses travaux champêtres, elle aurait entendu dans la foret des bruits comme des personnes qui chantaient, mais cette sonnette fut le cadet de ses craintes.

Le lendemain, ayant regagné comme d’habitude son champ pour ses travaux, elle entendit de nouveau les mêmes voies cantonnées, curieuse ,elle s’approcha donc de plus près pour en savoir plus. Elle fut stupéfaite de voir des personnes en forme de pygmée esquisser des véritable pas de danse. La dame accourue au village informer le chef du village qui sans aucune hésitation dépêcha une délégation pour vérifier l’information. Ces derniers trouvèrent effectivement la danse au même lieu. Ils se rendirent aussitôt au village pour rendre compte au chef. Ce fut une grande crainte pour les villageois. Un conseil s’est alors réunit pour consulter un devin qui expliquerait le sens et le but de cette fête de génies.

Maladroitement pour les villageois, ils ignorèrent le devin du village du nom de ‘KOUDOUM’ pour consulter un devin du village voisin. Cette action donne une traduction littérale ABISSADJë qui signifie je vais demander de l’aide à … Koudoum, le devin ignoré, étant frustré, décide d’aller en foret afin de découvrir le lieu de cette danse, mais surtout pour sauver son honneur. à son arrivée, il fut capturé par les génies et ligoté pendant une semaine. De retour au village, il annonça qu’il fallait faire des sacrifices et des libations pendant la période des récoltes synonyme d’une année nouvelle, moment de retrouvaille et de réjouissance pour tout le peuple. Ce fut pour le peuple une joie et une assurance. Il décide alors d’attribuer ces deux appellations à la cérémonie:

KOUDOUM (qui consiste à faire des sacrifices donc mystique) et ABISSADJë devenu par diminutif ABISSA (prévu pour demander aux amis de venir en aide…).

Cette patrimoniale cérémonie est orchestrée précisément par les Ahantans de Takoradi et les Apolos de Bégnry composés les Evawlê, les Djômôlô, les Elêbrê et les Adjoufoulê issues de la même famille N’Zima. On les trouve aussi en Côte d’ivoire dans les villes telles que Tiapoum, Grand-Bassam et Grand-Lahou.

C’est un peuple qui à su préserver l’authenticité de cette traditionnelle fête malgré l’influence de la modernisation. Pour lui, il faut se retrouver pour faire un bilan, parler des réalisations, réconcilier des familles et avouer des médisances afin de se faire pardonner et se purifier pendant la cérémonie.Couple N’zima C’est précisément de fin Août jusqu’au début Décembre que l’Abissa est organisée. La particularité de cette fête, c’est qu’ elle se fait par rotation et par relais, c’est-à-dire les Evawlê de Axime au Ghana commencent en premier, lorsqu’ils finissent, ils lancent le flambeaux en Côte d’Ivoire et c’est les Djômôlô, les Elêbrê et Ahantans de Tiapoum qui le reçoivent ,après avoir fini leur part, ils passent le relais aux Adjoufoulê de Grand-Bassam. C’est une alliance qui existe depuis plus de deux cents quatorze(214) années entre ces peuples donc plus deux siècles. Ce qui maintient le maillon de cette alliance c’est surtout le ‘KOUDOUM’ et aussi l’ABISSA.

Le Koudoum est le volet sacrificiel ou mystique de la cérémonie, il dévoile ou révèle les projets malsains que forme un individu contre autrui et l’Abissa plane le volet festivité, car c’est en ce moment que le peuple fait montre de son savoir-faire, sa culture à travers les pas de danse aussi particulière qu’on le croit, la gastronomie N’Zima et d’autre sujets concernant la réalisation de certaines infrastructures socio-économiques.