Grand-Bassam: Art et culture

A Grand-Bassam, l'on ne peut passer sous silence ces manifestations de haute portée culturelle qui drainent chaque année des milliers de touristes et autres hommes de culture.

Ces manifestations sont :
– la fête traditionnelle et annuelle de l’ABISSA célébrée par la communauté N’ZIMA de Grand-Bassam à la fm du mois d’Octobre et au début du mois de Novembre.
– Le Fête de génération, célébrée chaque année le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte chez les Abouré de Moossou;
– Le Festival des Arts de la Rue (F.A.R.);
– Le Festival international du dessin de presse et de la bande dessinée.

L’Abissa
Célébrée donc chaque année à la fin du mois d’Octobre et au début du mois de Novembre, l’Abissa chez les N’zima reflète la notion de démocratie dans toute sa plénitude. Au cours de cette fête, les barrières sociales sont levées et « tout est permis ».

Danse bilan des N’zima, l’ABISSA est l’occasion de dénoncer les mauvais actes et d’encourager des actions d’équilibre social et des projets.

L’ABISSA n’est pas une fête carnavalesque. C’est une fête de retrouvailles qui réunit pendant une semaine. toutes les filles et tous les fils N’zima autour de leur chef et du tam-tam parleur appelé « EDO-N GBOLE », pour faire le bilan annuel de leur Communauté.

C’est l’occasion pour les uns et les autres de dénoncer publiquement tous ceux qui ont commis des actions blâmables. C’est aussi l’occasion des confessions pour tous ceux qui ont commis des actions blâmables et regrettables. On leur offrira la possibilité de se repentir en public et de se faire pardonner leurs fautes.

L’ABISSA, chez les N’zima regroupés au sein de sept familles est aussi l’occasion de faire des souhaits pour obtenir des Dirigeants que sont le Chef et ses Notables l’équilibre social, de demander des comptes à ces Dirigeants.

Toute la Société est remise en cause à cette occasion. Même le Roi ou le Chef peut être dénoncé publiquement. Notons que les N’zima sont régis par le système classique appelé aussi lés sept grandes familles représentées chacune par un symbole ou emblème bien déterminé. Le mot ABISSA vient de «BIZA» qui signifie en langue N’zima demander, questionner.

En fait, on demande la santé, la prospérité pour toute la communauté, pour l’année à venir. Dans l’ensemble, on fait des souhaits pour l’éqluilibre social, l’harmonie au sein du peuple N’zima.

Néanmoins, en faisant allusion au mythe d’origine, la tradition orale rapproche le mot ABISSA de « BUSSA » qui veut dire épier. En effet, toute la communauté doit observer attentivement et secrètement les événements de l’année en cours. Cette autre définition entre dans la vie quotidienne du peuple.

Il est question de recenser tous les aspects positifs ou négatifs, matériels ou spirituels de tous les sept clans ou de toutes les sept familles au cours de l’année. Ces faits seront dévoilés par les membres du tribunal public lors de l’ABISSA.

La fête de génération
La fête de génération chez les Abouré est une fête commémorative, en souvenir des manifestations qui marqèrent la libération et l’indépendance de la première génération des enfants nés à MOOSSOU (village Abouré).

C’est un événement important pour les jeunes; c’est l’émmancipation. Il ont à partir de ce moment un rôle et une responsabilité à assumer dans le village.

Indépendants, ils ne seront plus humiliés et traités par les aînés ou parents, de petits garçons et par conséquent, de bons à rien. On devra à leur classe d’âge le même respect que celui dont bénéficient les classes d’âge de leurs pères et grand-pères.

Leur opinion fera pencher désormais la balance quand il s’agira de prendre d’importantes décisions dans l’intérêt de toute la communauté villageoise.

Désormais hommes libres, les jeunes resteront fidèles à leur classe, aussi bien ici-bas que dans l’au-delà.

Pour les survivants de la précédente génération, la fête signifie la retraite, la fin de toute activité et effort physique.

La fête de génération, c’est le temps des sacrifices et des offrandes aux divinités protectrices du village, c’est le temps d’évocation par les chants, les éllégies et les tambours, la mémoire des héros, des ancêtres fondateurs (Rois, Chefs de clan, Chefs des classes d’âge et simples citoyens) morts.

C’est le temps pour les familles d’étaler leur fortune à l’appréciation des invités, de montrer leur hospitalité envers les étrangers, en les invitant à manger et à boire.

La fête de génération chez les Abouré comporte trois phases qui en sont d’ailleurs les points saillants.

Ainsi, comme cérémonie d’ouverture d’ouverture, il y aura le « FOKWE » qui est une danse guerrière exécutée à l’occasion dans le bois sacré par tous les membres valides des classes d’âge des deux quartiers de MOOSOU à 4 heures du matin.

Cette danse guerrière est exécutée avec démonstration de virilité en l’honneur des génies protecteurs du quartier Begniri ou du quartier Koumassi et en la mémoire des Ancêtres fondateurs et initiateurs des classses d’âge des héros, dans l’exercice de leurs fonctions des chefs de guerre…

Ensuite, il y aura sur la lagune une parade en pirogue des catégories d’âge que sont :
– les Baoulé qui ouvriront ce défilé,
– les Djamanlimbé,
– et enfin les Attiblé qui sont les sages, les conseillers de leurs générations.

Cette deuxième phase de la fête signifie que l’on a la maîtrise de l’eau, que l’eau ne constitue pas un obstacle, que la guerre peut venir de partout et peut se faire partout, et même dans l’eau.

Pour boucler, il y aura dans l’artère principale du quartier où se déroulera la fête une procession des mêmes catégories d’âge avec à leur tête, chef de guerre, ou SANFLAN. Des réjouissances populaires, l’après-midi rythmées par la fanfare, seront l’apothéose de la fête.

La fête de génération chez les Abouré est une manifestion virile, c’est mimer et jouer à la guerre, utiliser son énergie occulte pour entraver, empêcher et retarder le défilé sur l’eau ou sur la terre ferme, ou pour neutraliser un individu en particulier. C’est texter la maturité des forces mystiques de la nouvelle génération.

Le festival des arts de la rue
Le Festival des Arts de la Rue est une manifestation de haute portée culturelle à l’instar des autres manifestations culturelles de la cité. Il est organisé chaque année du 2 au 5 Août à Grand-Bassam.

Il draine, le moment venu des centaines de touristes venant des quartre coins de la Côte d’Ivoire, de la Sous-Région et d’ailleurs. Il est pluri-disciplinaire et gratuit.

Il comporte des compétitions sportives et autres spectacles notamment une course de pirogue, des acrobaties équestres, la musique acoustique, des marionnettes, un tournoi de lutte traditionnelle, une course de mobylettes le jonglage, des contes etc…

Ce festival est né de la rencontre de trois associationss, notamme l’association Ymako Teatri qui est une compagnie de théâtre, l’association Toucouleur qui est une association de journalistes, d’hommes de théâtre et d’hommes de culture, et l’association quartier France qui est une association des habitants du quartier France.

Le Festival des Arts de la Rue de Grand-Bassam vise plusieurs objectifs à savoir :
– faire revivre le quartier France, témoin du passé glorieux de la Cité historique et touristique de Grand-Bassam, en organisant un certain nombre d’activités artistiques et sportives, le tout réuni dans un même événement populaire pendant une période de haute affluence touristique,
– créer un évèniment supplémentaire qui puisse attirer les touristes en dehors des belles plages au sable fin.