Les fabricants de perles de Kapele

D'origine mandingue, la technique de fabrication de perles est un sous-produit de l'activité de filature traditionnelle du coton local: celles-ci servaient à l'origine de toupies à quenouilles, avant d'être montées en colliers décoratifs; elles constituaient par ailleurs un bien qui, une fois peint à l'aide de colorants naturels, scellait les alliances matrimoniales.

Si la réputation des fabricants de perles remonte à une vingtaine d’années, leur regroupement et l’exploitation commerciale de leur art date de 1996, année où a été bâti un hall d’exposition sur financement de la Coopération Allemande. Le gros des ventes est réalisé sur place, et via des expositions organisées à Abidjan.

En revanche, il n’existe pas encore de circuits importants de revendeurs, de sorte que le potentiel de fabrication reste à ce jour partiellement employé. Au total, le chiffre d’affaires des 18 artisans permanents exerçant cette activité est d’environ 43 millions, les consommations intermédiaires achetées se limitant aux vernis industriels qui assurent le brillant final aux produits.

Plus généralement, le site de Kapele est exemplaire d’une absence générale dans la région, de conception intégrée, de mise en valeur des ressources villageoises: les quelques forges du site sont mal situées et peu visitées, la fabrication particulière du riz étuvé (malo woussou) ne fait l’objet d’aucune valorisation touristique, et les danses ononbeug et kurubi ne contribuent qu’exceptionnellement à la visite du village.

Kapele

Le village de Kapele est situé dans la commune de Korhogo. Il fut aussi un centre coranique réputé grâce à Sakanoko Labassou, rattaché à l’école de Kong, et surtout à Ba Sanassi Sakanoko dont le grand-père Alaji Sakanoko disposait d’un considérable prestige.