Monuments et sites historiques de Domobly

Considéré comme le village "gardien de l'héritage historique et culturel du canton Zaqué", Domobly dispose de nombreux monuments et sites historiques, dont les plus importants sont :

Djranhékoulakpô
Forêt sacrée dont l’adoration permet de laver toutes les malédictions et d’apporter le bonheur au village. Les sacrifices pour ce site obéissent à un rituel strict, obligeant tous ceux qui s’y rendent, hommes et femmes, vieux et jeunes, à se ranger à la queue leu leu, du plus âgé (e) au plus jeune. Ce site se trouve actuellement au sud du village de Domobly, en direction du Banco.

Kantro
Au cours des guerres intertribales du IXème siècle, BANHI ô Kanhan, l’un des plus valeureux combattants de Domobly, avait fait la promesse à ses pairs que lorsqu’il serait « fatigué de faire la guerre » du fait de son âge qui avançait, il se retirerait dans une grotte avec tous ses fétiches et, à partir de cette grotte, il continuerait à soutenir les combattants de Domobly. Chose promise, chose faite ! Un beau jour, BANHI ô Kanhan disparut du village. Après 8 jours de recherches, ses plus proches collaborateurs retrouvèrent ses attributs de guerre à l’entrée de la grotte qui porte aujourd’hui son nom. Périodiquement, revêtus de leurs attributs de guerre comme au temps de BANHI ô Kanhan, les ressortissants de Domobly se rendent à Kantro pour y puiser des forces nouvelles pour la bénédiction et le progrès du village. Le retour des « guerriers » du Kantro dans le village donne lieu à une démonstration de danses guerrières et à une fête populaire, avec des danses contemporaines à BANHI ô Kanhan. Ce site se trouve actuellement à l’est du village de Mona.

Srôhoun Séb
Domobly fait partie de la tribu Zangnin, appellation originelle du canton Zaké Blao. Cette tribu comprend deux sous-groupes, à savoir

Les « Souhin Zangnin », situés à l’ouest de Domobly, et comprenant les villages de Zouan, Nédrou et Glopaoudy
Les « Zangnin Péhê », situés à l’est de Domobly, et comprenant les villages de Domobly, Mona, Guiglo, Yaoudé, Goya et Gahably.
Valeureux et conquérants, les Zangnin se caractérisaient, dans les temps anciens, par le fait qu’ils délogeaient les tribus qu’ils avaient vaincues et s’installaient sur leurs terres. Pour se glorifier, les Zangnin se sont surnommés « Zatchê ô Ti », ce qui signifie « Ceux qui délogent des tribus et s’installent sur leurs terres ». C’est ce surnom qui, devenu populaire, est devenu « Zatchê ». C’est l’appellation officielle de la tribu Zangnin avec l’arrivée du colon et l’avènement des cantons. Cette tribu a été enregistrée par l’administration coloniale sous le nom de « Canton Zaqué ».

L’histoire raconte que la tribu Zangnin s’était tellement déplacée pour faire la guerre et conquérir de nouveaux territoires, qu’à un moment donné, elle s’est trouvée complètement éparpillée, à telle enseigne qu’il était devenu difficile, voire impossible de les regrouper dans un délai raisonnable, ne serait-ce que pour se défendre. C’est cet éparpillement des membres de la tribu qui a conduit l’ancêtre BEHE, originaire de Domobly, et deux de ses amis, à prendre la résolution de mettre tout en œuvre pour rassembler les Zangnin dispersés. Mais, au moment d’accomplir le sacrifice unificateur, ses amis se dérobèrent. L’ancêtre BEHE n’a pas reculé. Il a accompli le sacrifice. Et le regroupement des Zangnin se réalisa sur les terres situées autour du site du sacrifice. Une roche avait été transportée et posée sur le lieu sacré.

Aujourd’hui, plus de 300 ans après la réunification du canton, la roche a grandi pour devenir un impressionnant rocher. C’est le Srôhoun Séba.

Du fait de ce sacrifice, tous les ressortissants du canton Zaqué se reconnaissent depuis les temps anciens jusqu’à nos jours comme les petits enfants de BEHE. On dit souvent « Béhé ô Za ».

Srôhoun Séba se trouve à l’ouest du village de Yaoudé.