Les Ghwa ou M’batto

Les Ghwa, communément appelés M'batto, forment une minorité occupant une petite portion du Sud-Est de la Côte d'Ivoire, en Afrique Occidentale. Leur territoire, se situe à une cinquantaine de kilomètres à l'Est d'Abidjan, la capitale économique du pays.

Leur localité est limitée dans sa partie Nord par les peuples Attié et Agni de la Préfecture d’Alépé ; au Sud et à l’Est par les Abouré et N’zima dans la Préfecture de Bassam. A l’Ouest les frontaliers des Ghwa sont les Ebriés1 de la préfecture de Bingerville.

Leurs villages, (une dizaine) bordent la lagune Potou du côté de Bingerville et le fleuve Comoé sur son dernier tronçon, entre Alépé et Bassam, où le cours d’eau achève sa course à quelques mètres de l’océan Atlantique. Les villages situés le long de la lagune Potou sont occupés par le sous-groupe Lablon ; les aînés, avec comme capitale, le village de Dabré. La branche cadette des Ghwa domlon est localisée le long du fleuve Comoé, et a pour capitale Domolon, village contiguë à Dabré. Ces deux premiers villages fondés par les ancêtres, sont les seuls lieux de toutes les manifestations politiques et culturelles des Ghwa.

De par leur mode de vie, les Ghwa se rattachent à la culture Akan, comme leurs voisins cités ci-dessus. Le grand groupe des Akan serait originaire selon les sources orales, des différents peuples le composant, d’une région plus à l’est de leur pays actuel, c’est à dire du Ghana voisin, dont il occupe une bonne partie de territoire. En Côte d’Ivoire Les Akans sont localisés au centre, à l’est ;  » Akans frontaliers  » et au Sud-Est ;  » Akans lagunaires  » dont les Gwa font partie.

Un des traits distinctifs de la majorité des Akans d’Afrique Occidentale est la pratique du système matrilinéaire. Les enfants appartiennent à la famille et au clan de la mère, le neveu héritant de l’oncle maternel. Cette pratique, les Ghwa la justifient à travers une légende qui est à quelques variantes près, la même pour tous les Akans.

Lors de leur migration forcée (en terre devenue ivoirienne aujourd’hui) par suite d’une querelle inter-clanique, le groupe des migrants ayant à ses trousses ses assaillants, se serait trouvé en face d’un fleuve. Ne sachant comment le traverser sans pirogue, le chef invoqua grâce aux devins le dieu du cours d’eau. Ce dernier exigea comme tribut, pour l’aider avec son peuple à atteindre la rive opposée, le sacrifice d’un enfant. Le chef aurait voulu immoler son fils, sa femme refusa catégoriquement. Sa sœur lui tendit alors le sien, qui fut jeté à l’eau. Le peuple put ainsi passer à pied sec le fleuve. Une fois l’autre rive atteinte, le chef décréta que désormais l’héritage de tout homme irait à ses neveux utérins et non plus à ses fils. La coutume approuvée de tous fut dès lors adoptée et se perpétua jusqu’à nos jours. D’autres sources situent l’origine de la migration Ghwa en pays Abidji (Nghonmon) avec comme chef de file AMUNI Agoi ou du pays Krou (Monogaga, Abreby). A notre avis, le peuple s’est constitué lentement avec ces différents apports.

Les Akans lagunaires à la différence des frontaliers et de ceux du centre ont un système politique reposant sur les classes d’âge. L’administration du pays se fait par générations entières, à tour de rôle. Si, aux niveaux religieux et économique les Ghwa (comme tous les lagunaires d’ailleurs) se sont défaits très tôt de leurs traditions, ils surprennent par la conservation de leur système politique qui continue à rythmer leur vie sociale. En effet ils continuent toujours l’initiation « militaire » de leurs jeunes et observent les rites de transmission du pouvoir à travers ce qu’on appelle en côte d’Ivoire, les « fêtes des générations » : Ofuwa pour les générations montantes, Fakwé pour les anciens.

En Côte d’Ivoire, les Ghwa ont été parmi les premiers peuples à subir l’influence coloniale de par leur situation géographique. Leur dernier village est à moins de vingt kilomètres de la mer, et du lieu de débarquement des premiers missionnaires. Pécheurs à l’origine, ils ont abandonné très tôt leurs filets et nasses pour adopter les cultures industrielles de café et cacao, plus tard de palmier et récemment d’hévéa.

Sur le plan religieux ils sont passés de l’Animisme au Christianisme, ils sont protestants, catholiques ou harristes. Sur le plan linguistique, le N’glwa 3 est très proche de l’ébrié et dans une certaine mesure de l’Attié. Il est cousu d’autre part de mots Agni et Ashanti (une ethnie relevant du groupe Akan au Ghana).

Source mbatto.ning.com