Allah Thérèse, la « vieille mère » de la musique Ivoirienne

Un parcours plein d’endurance et de persévérance. Figure emblématique de la musique traditionnelle, Allah Thérèse et son double compagnon (musicien et mari), l’accordéoniste N’goran la loi continuent de soulever des foules à chacune de leurs prestations sur scène. L’âge et le talent ont bonifié la maman de la chanson traditionnelle, Allah Thérèse. Un parcours plein … Continuer la lecture de « Allah Thérèse, la « vieille mère » de la musique Ivoirienne »

Un parcours plein d’endurance et de persévérance. Figure emblématique de la musique traditionnelle, Allah Thérèse et son double compagnon (musicien et mari), l’accordéoniste N’goran la loi continuent de soulever des foules à chacune de leurs prestations sur scène.

L’âge et le talent ont bonifié la maman de la chanson traditionnelle, Allah Thérèse. Un parcours plein d’endurance et de persévérance. A l’occasion de la 1ère édition de « Paquinou régional », l’Etat ivoirien lui a octroyé en signe de services rendus au patrimoine artistique et culturel, une pension mensuelle et deux maisons, afin d’être à l’abri de la décadence. Allah Thérèse est originaire du village de Gbofia (Toumodi) et a commencé la chanson dans une formation de village dans les années 60. C’est au cours d’une soirée funéraire qu’elle rencontre, l’accordéoniste N’goran la loi, qui plus tard sera son double compagnon (musicien et mari). Portant toujours la même coiffure appelée « Akôrou Koffié » qui signifie en baoulé, sa langue, « la femme de l’araignée », elle est dans son village le lead vocal d’un genre musical local dénommé Agbirô lorsqu’elle rencontre et se lie, dans les années cinquante, à l’occasion de manifestations funéraires, à N’Goran la loi, lui aussi lead vocal du même genre dans son propre village. Depuis 1956, date à laquelle, ils produisent leur première œuvre « Ahoumo N`Seli », Allah Thérèse et son mari se produisent ensemble. Elle au chant et l’autre l’accompagnant à l’accordéon. De ce duo sortira la première œuvre discographique « Ahoumo N’séli » en 1956. Le total de leur discographie est de six (06) albums à ce jour. Le dernier en date est sorti 2005. Allah Thérèse est une femme constante.

Aussi bien dans sa vie que dans son métier. Pour preuve, en dépit des nombreuses tentations et persécutions inhérentes à sa profession, elle est demeurée elle-même.

Toujours flanquée de son époux, N’goran la loi (en même temps son accordéoniste depuis le début de sa carrière musicale), elle parle le même langage : celui du fo’ndi (la paix en ethnie baoulé). Sa constance lui vaut aujourd’hui les ovations de tous. Même celles des mauvaises langues d’antan. Dans sa chanson, elle raconte à toutes les générations comment les Houphouët-Boigny, Ouezzin Coulibaly, Marie Koré et autres ont acquis l’indépendance de la Côte d’Ivoire pour la liberté et la paix de leur peuple, au prix de leur sueur, leur sang et même leur vie. « Allah Thérèse, c’est toute une histoire, le passé de notre pays ! La belle époque Houphouët-Boigny ! Cette artiste est un vestige de l’histoire de la Côte d’Ivoire qui mérite plus qu’une distinction à titre posthume », s’extasient certains nostalgiques à chacune de ses prestations publiques. Le Président Alassane Ouattara, tenant son avant-dernier meeting à l’occasion de sa visite d’Etat dans la région du Bélier, a rendu, vendredi, à Toumodi, un hommage à la chansonnière traditionnelle baoulé, Allah Thérèse, dont les chansons étaient très appréciées par Félix Houphouët-Boigny, père de la Côte d’Ivoire moderne, ainsi que de tous les Ivoiriens. « Je voudrais saluer Allah Thérèse dont la voix ne varie jamais. Merci Thérèse pour tout le bonheur que tu procures à tous nos compatriotes », a exprimé M. Ouattara, à l’endroit de cette pionnière de la musique traditionnelle baoulé.

Source: Le Sursaut, A .Traoré