Bouna: Peuplements et populations du Royaume

Les Koulango ont pour ancêtres les lorhon lesquels occupent la région depuis plus de 2000 ans. Premiers occupants de la région, ils seraient venus de l'ouest de Korhogo ou de la localité de Saye (à 50 km environ de Bouna).

Les Koulango sont issus du groupe Voltaïque ou Gour et ont constitué l’un des tout premiers courants migratoires nord-sud lequel s’est étendu de la région de Bouna à Tanda. Au Nord-ouest de Kumassi (Ghana), ils ont créé les chefferies de Badu et de Seikwa.

En leur qualité de premiers autochtones de la région, les koulango demeurent les propriétaires coutumiers des terres du département de Bouna.

A l’origine animistes, les Koulango et en particulier ceux du centre du royaume (sous-préfecture de Bouna) sont aujourd’hui dominés par la culture mandé-dioula du fait de leur conversion massive à l’Islam. Il s’en est suivi une déperdition de l’identité culturelle koulango dont les manifestations sont entre autres, l’adoption collective du nom Ouattara qui serait synonyme de «ceux qui ont la force», l’abandon des lieux de culte et de la tenue vestimentaire traditionnelle (Kohôra) au profit du gros boubou (délégueba), etc

Les Malinké

La présence des Malinké à Bouna date du l6ème siècle. Originaires pour la plupart du Mandé (Haut-Niger), de Begho (actuel Ghana ), ou de la région de Kong, ils sont venus par vagues successives s’installer dans le royaume et principalement à Bouna. Le royaume a ainsi accueilli, par ordre d’arrivée, les Kamara, les Diabagaté, les Ouattara, les Coulibaly, les Cissé, etc..

Ces groupes ont été précédés avant la formation du Royaume, par les Ligbi, Numu, Gbané et Grafouté.

Très tôt convertis à l’Islam, les Malinké firent de Bouna à l’époque pré coloniale, non seulement un haut lieu de la culture islamique, mais aussi, un important carrefour commercial où transitaient diverses marchandises venant de Djenné, Kong, Mopti, Bobodioulasso, Koumassi, Salaga.

Le chef de la communauté musulmane est l’Imam de Bouna. Exercée d’abord par les Camara, cette fonction est aujourd’hui exclusivement assurée par les Cissé, une famille religieuse de grande renommée.

Du fait de leur activité essentiellement commerciale, les Malinké ont très tôt opté pour la vie urbaine et ont créé de gros quartiers à Bouna (Ouattarasso, Camarasso, Kardioulasso, etc..).

Malinké et koulango ont toujours entretenu de bons rapports se traduisant notamment par des mariages intercommunautaires et donnant lieu à un véritable brassage.

Les Lobi

Venus dans le royaume trois siècles après les malinké, les Lobi sont originaires de l’est de la Volta-Noire (nord du Ghana), région qu’ils ont dû quitter à la suite de graves conflits avec leurs voisins ( Gonja, Wè et Dagomba). Venus par vagues successives depuis la fin du 19e siècle (1880-1890), ils ont bénéficié de l’hospitalité des Koulango, lesquels ont favorisé leur installation en vue de remédier au dépeuplement consécutif à la guerre contre Samory.

A l’origine d’importantes migrations vers le pays Koulango, les Lobi deviendront progressivement au plan démographique, le groupe le plus important.

Les Lobi se répartissent en deux groupes. Il y a d’une part, les paboulodara (gens des terres blanches), d’autre part, les Gogodara (gens de la montagne). Le premier groupe venant de Kampti, Galgouli, et Passena (actuel Burkina Faso) s’est installé à Lankio et Tehini. Quant au second, il s’est fixé dans les régions de Kalamon, Danoa, Doropo, et Varalé.

Les Lobi se caractérisent par une grande mobilité résidentielle à travers l’espace Volta-noire – Comoé et même au delà. En conséquence, on distingue, d’une part, les Lobi ivoiriens, installés dans le Royaume depuis la période coloniale, d’autre part, les Lobi Burkinabé dont le nombre est de plus en plus croissant depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
Organisés en grands lignages matrilinéaires, les Lobi sont unis par des mariages patrilocaux. Ces lignages sont regroupés en quelques clans importants (Paie, Noufé, Kambiré, Dah, Hien, Kambou, etc…) lesquels sont composés de familles indépendantes et égalitaires vivant à l’origine dans des habitations isolées et dispersées (Soukala) à l’architecture originale.

Mais ce type d’habitat tend aujourd’hui à disparaître au profit de villages plus ou moins grands. De même, à l’origine acéphale, la communauté Lobi est en pleine mutation. Celle qui réside à Bouna ville et dans les villages alentours s’est dotée depuis le début des années 1990 d’un chef ayant qualité de représentant devant l’Administration.
Les Lobi sont d’excellents agriculteurs et éleveurs. Ils sont parmi les meilleurs de la région. Au plan culturel, ils ont su conserver leur identité malgré l’expansionnisme des religions importées. Ce dynamisme culturel leur a permis d’assimiler une partie des Lorhon (Lorhon-Lobi).

Les Birifors

La présence des Birifors dans le royaume est antérieure à celle des Lobi; elle coïncide avec le règne du Roi Bandakou (1805-1816). En dehors de leur langue qu’ils ont conservée et de leur caractère sédentaire, les Birifors sont aujourd’hui confondus aux Lobi en raison de mœurs semblables.

Les autes peuplements

II s’agit essentiellement des Haoussa, des mossi, des peulh, etc.. tous originaires du Niger, du Burkina Faso, du Mali et du Ghana.

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