Civilisation de l’or chez les Akans

De Grand Lahou (Côte d'Ivoire) à Accra (Ghana), l'exploitation et la commercialisation de l'or favorisent l'implantation d'états puissants, à tel point que l'on parlera de « la civilisation de l'or ».

L’or est honorable (adage Akan)
De Grand Lahou (Côte d’Ivoire) à Accra (Ghana), les mines d’or jalonnent la zone côtière peuplée par les Akan. L’exploitation et la commercialisation de ces richesses naturelles favorisent l’implantation d’états puissants, à tel point que l’on parlera à leur propos de « la civilisation de l’or ».

La dimension spirituelle de l’or
L’or est un être qui, en pépite, est vivant ; lorsqu’il meurt, il devient poudre ! Les Akan révèrent et redoutent à la fois cet être doté de pouvoirs surnaturels, censé apporter « bonheur, réussite, santé, longévité et fortune à tous ceux qui l’associent à leurs activités politiques, sociales et religieuses, non pas comme monnaie, mais comme un dieu soucieux des intérêts et du devenir de ses fidèles». ( NIANGORAN-BOUAH Georges, Idéologie de l’or chez les Akan de Côte d’Ivoire et du Ghana.). L’or ne se dévoile d’ailleurs qu’à de rares privilégiés que les puissances invisibles ont décidé de rendre heureux ; aussi découvrir de l’or dans la nature est un heureux présage pour celui qui le trouve, mais rencontrer de l’or en rêve est un signe de grand malheur et de ruine. L’or est donc particulièrement craint des Akan, ils le voient dangereux et maléfique, capable de prodiguer richesse et bonheur ; ils savent qu’il peut provoquer une mort violente et apporter le malheur à qui l’aurait offensé ; voleur, attention !

Le lien avec la Tradition
L’or est intimement lié au culte des ancêtres, il rythme directement le règne du souverain.

– L’intronisation du roi est symbolisée par le siège sacré en or, considéré comme un autel et sur lequel est invoqué l’esprit fondateur du royaume.
– Chaque année, lors des fêtes d’Adae, célébrant le nouvel an, le roi est tenu de déposer une pépite dans une boite à couvercle, appelée Kuduo. Cette pièce d’or lui confère respect et puissance économique, bien sûr, et également autorité morale et spirituelle sur l’ensemble des sujets du royaume. A la mort du souverain, ces pépites, dont le nombre correspond aux années du règne, sont placées dans son lieu d’inhumation.
– L’or joue un rôle essentiel dans la bonne marche du royaume ; aussi se doit-on de le montrer ostensiblement ! Au cours des cérémonies, le souverain vêtu de somptueuses étoffes est paré d’une multitude de bijoux, essentiellement en or. Ils témoignent de sa richesse, de sa prospérité, de son pouvoir, et aussi, de sa bonne santé, indispensables au bon exercice de ses fonctions.
– Le plus important des bijoux du roi est une plaque triangulaire, symbole de l’origine divine de son autorité. Lors des fêtes rituelles, tous les Akan de sang royal, les fonctionnaires et les serviteurs de la cour, portaient des bijoux d’une extraordinaire richesse et d’une grande variété.

Les étapes traditionnelles de la vie
Chez les Ebrié, par exemple, après la naissance d’un enfant, la jeune mère se promène dans son village, vêtue de blanc et brillamment parée de bijoux en or. On l’admire ! Pour un mariage, la fonction de l’or est de garantir la stabilité de l’union. Si l’épouse venait à quitter le foyer conjugal, sa famille devrait rembourser l’or versé par le père de l’époux pour sceller le mariage.

Pour le commerce, la poudre d’or était largement utilisée, adoptant un système pondéral particulier. La fabrication et l’usage de ces poids à peser l’or exprimaient, avec art, et par des symboles, une culture qui perdure et qui mérite d’être connue.

Source: missions-africaines.net