Les nouveaux visages de la télé : Jean Philippe Kaboré

Selon le gouvernement ivoirien, la migration du système analogique vers la télévision numérique terrestre (TNT) aura lieu entre mi-2018 et 2020. Ce qui s’annonce comme être une progression du paysage des média ivoiriens est suivie d’une autre, la libéralisation de l’espace audiovisuel. Ces révolutions médiatiques, un homme en a toujours rêvé : Jean Philippe Kaboré, personnage discret mais reconnu du monde audiovisuel ivoirien. Il y a contribué et y place ses espoirs d’une nouvelle dynamique du paysage médiatique ivoirien.

Quand on lui propose d’occuper le poste de secrétaire exécutif du conseil national de la migration vers la TNT, Jean Philippe Kaboré accepte immédiatement. L’idée de participer à ce qui s’annonce comme une évolution historique de la télévision ivoirienne enchante l’homme des médias. Une période très mouvementée avec l’annonce simultanée de la libéralisation de l’espace audiovisuel et le lot d’opportunités que ces deux événement apportaient avec eux : « Ce fut magique de voir ces deux révolutions commencer à s’opérer au même moment. Et pour moi qui n’avait jamais occupé une position aussi officielle que celle que j’avais à la TNT, c’était un rêve d’enfant »

La TNT, Une avancée difficile’

Ce passage à la TNT ne fait pas rêver que lui, mais aussi des millions d’ivoiriens. Signe d’une dynamique toute nouvelle pour le secteur, il est l’occasion pour le pays d’accueillir de nouveaux acteurs privés et de développer son industrie audiovisuelle à l’instar du modèle tant apprécié du Nhollywood nigérian. Le chemin vers cette ambitieuse révolution est cependant comme on peut l’imaginer loin d’être un long fleuve tranquille. Annoncée pour 2015, la transition met du temps à s’opérer. Un besoin de financement, un déploiement difficile des équipements de la TNT… Des difficultés qu’il va falloir surmonter.

L’Etat ivoirien reste cependant déterminé. Une volonté politique claire qui permet de rester optimiste. Ce processus, il en a été au cœur dès les premiers instants et en tant que haut responsable exécutif.

Il le regarde d’un œil pragmatique : « Le chantier rencontré s’est heurté à de nombreuses difficultés dans sa réalisation mais elles ne sont pas insurmontables, le projet est à un état avancement très encourageant.».

L’homme reste donc optimiste. La TNT sera une réalité, il y croit. La technologie numérique offrira la possibilité aux téléspectateurs d’avoir accès à des services nouveaux qui modifient en profondeur les utilisations possibles de la télévision et lui permettent de se maintenir devant les médias en ligne. On peut à titre d’exemple citer la télévision de rattrapage, le service de vidéo à la demande ou la diffusion de contenus multimédia en mode « push ».

Cette évolution technologique permet d’obtenir une meilleure qualité d’image. Un des avantages sera également l’optimisation du critère qualité-prix des décodeurs et antennes qui seront proposés à la vente en Côte d’Ivoire.

Un retour au premier amour

Lorsqu’est annoncée la liste des sociétés autorisées à ouvrir une chaine dans la mouvance de la libération de l’espace audiovisuel, Jean Philippe Kaboré se retrouve au cœur du débat. Fils d’Henriette Diabaté, grande chancelière de l’Etat de Côte d’Ivoire et ancienne activiste  culturelle à qui le pays doit par exemple la création du MASA, (Marché …)

Cette filiation lui est reprochée lorsque Optimum média, l’une des sociétés qu’il dirige est retenue lors de l’appel d’offre pour la création de nouvelles chaines en Côte d’Ivoire. Mais, Jean Philippe Kaboré se présente lui-même comme un homme des médias. Après une carrière bien fournie dans la communication et grâce à un réseau personnel riche et bien entretenu c’est en 2006 que cet enfant du pays alors expatrié en France se retrouve installé à la tête de la chaîne de télévision 3A Télésud avec la lourde responsabilité de réussir à redresser une entité qui passé les premières heures de gloire avait du mal à fidéliser une audience internationale.

Une expérience difficile mais qui après coup a eu le mérite de renforcer sa renommée d’homme d’action et de négociateur redoutable.

Aujourd’hui le CNM-TNT où Jean Philippe Kaboré exerçait comme secrétaire exécutif a laissé la main à la Société Ivoirienne de Télédiffusion chargé de conduire les dernières étapes de la migration vers la télévision numérique. Il avoue que la passation de charges a finalement été un soulagement « J’ai eu le sentiment d’avoir fait ce que j’avais à faire et d’avoir servi mon pays. Il était temps pour moi de retourner à mon premier amour. ». En caressant l’espoir d’une migration effective le plus tôt possible, l’homme de média se mets au travail. Une nouvelle chaine, il y pense depuis très longtemps, bien avant ses charges au CNM-TNT. Un projet sur lequel il ne préfère pas trop s’épancher « je préfère que les ivoiriens la découvre d’eux même. Une chose est sure, cette chaine sera le reflet du nouveau paysage télé ivoirien, totalement moderne »

 

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